Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma

Cannes 2020, Gérardmer 2021, 5 (en vrai 4) ans après le touchant Willy 1er, les frères Boukherma sont de retour dans nos salles faiblement éclairées. Un film faisant suite au très sympathique court métrage La Naissance d’un Monstre (Clermont Film Fest de 2018).

Teddy en deux mots (ou presque)

Dans les Pyrénées, un loup attise la colère des villageois.Teddy, 19 ans, sans diplôme, vit avec son oncle adoptif et travaille dans un salon de massage. Sa petite amie Rebecca passe bientôt son bac, promise à un avenir radieux. Pour eux, c’est un été ordinaire qui s’annonce. Mais un soir de pleine lune, Teddy est griffé par une bête inconnue. Les semaines qui suivent, il est pris de curieuses pulsions animales…

Teddy, on l’aime bien quand même ce p’tit gars

Il n’est jamais simple de s’approprier un mythe tel que celui du Loup-garou. On ne compte plus les itérations dans toutes les formes de l’art possible et imaginable. Les frères Boukherma ont décidé ici de placer tout d’abord leur récit de nouveau dans un milieu rural, celui du sud-ouest de la France.

C’est d’ailleurs une des grandes forces de leur cinéma, cette capacité à parler avec tendresse et sensibilité de ce petit village, de ses habitants, qu’ils soient en quête de quitter cette vi(e)(lle), de ceux qui cherchent à vivre paisiblement, comme ceux qui cherchent à tromper l’ennui.

C’est dans ce contexte que Teddy, reclus de cette micro-société, grandit tout en se transformant petit à petit en loup-garou. Dès le premier plan du film où on le voit, la véritable séparation entre tout le monde et lui est effectué. Il y a d’un côté le troupeau d’habitants du village, et de l’autre, Teddy, seul, isolé, à la fois dans sa bulle et en même temps dans cet espoir d’ouverture et peut-être un jour, être accepté.

Teddy, c’est également l’expression même de la dualité humaine. Le côté bon et le mauvais, qui, plus avance le film, plus cette dualité est exacerbée. Le gentil Teddy est celui qui est amoureux fou de sa copine, qui aide son oncle et sa tante, qui tente de s’intégrer à une soirée avec des bacheliers BCBG en espérant avoir des amis de son age.

Et il y a le Teddy qui devient petit à petit un loup-garou qui va céder a ses pulsions les plus animales pour se venger du monde. De la personne qui l’a harcelé, qui l’a trompé, menti.

Stephen King et les contes de la cryptes ne sont pas loin…

Ce qui est vraiment plaisant dans Teddy, c’est cette volonté de ne jamais être dans un démonstratif du monstre mais plutôt de raconter cette transformation. Une transformation longue, dure mentalement. Si on ressent une dimension Dr Jekyll et Mr Hyde dans cette dualité du personnage, c’est du côté de Stephen King que Les frères Boukherma s’inspirent également, avec un déroulé scénaristique prenant des relents d’un Carrie par exemple.

Et cette volonté de se poser, d’avoir une ambiance qui devient de plus en plus pesante jusqu’à exploser, c’est, en plus d’être le meilleur choix de progression possible pour le film, la possibilité de pouvoir également poser au mieux sa caméra, de pouvoir se concentrer sur le quotidien du personnage, de l’environnement et des personnes qui l’entoure, et de pouvoir également expliquer cette transformation.

Ce n’est jamais renversant de mise en scène ou de montage, mais c’est maîtrisé de bout en bout pour notre plus grand plaisir. Le film joue de plus avec toute une dimension de body horror qui fonctionne plutôt bien !


Au final, Teddy est une belle petite réussite, lorgnant à la fois sur un cinéma d’horreur mais aussi un cinéma de comédie, jouant avec brio sur les deux genres. On retrouve comme précédemment dans l’oeuvre du duo un vrai regard sensible sur la ruralité, qui fonctionne ici tout autant. Une nouvelle belle réussite pour le cinéma de genre français !

affiche teddy

Teddy

  • Réalisateur : Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma
  • Scénariste : Ludovic Boukherma et Zoran Boukherma
  • Avec Anthony Bajon, Christine Gautier, Ludovic Torrent, Noémie Lvovsky…
  • Musique : Amaury Chabauty
  • Direction artistique : Linda Yi
  • Costumes : Clara René
  • Photographie : Augustin Barbaroux
  • Durée : 88 minutes
  • Production : Baxter Films, Les film Velvet
  • Distribution : The Jokers

Notre note :

Note : 3.5 sur 5.

D’où l’on vient (In the Heights) de John M. Chu

Cela fait un peu plus d’un mois que les salles de cinémas ont rouvert en France, et votre humble serviteur a bouffé de la péloche. Revoir des films marquant de 2020, découvrir de nombreuses nouveautés.

Mais avec l’été qui arrive, c’est l’artillerie lourde qui arrive là. Nous sommes donc parti dans une période où les films vont se bousculer, de nombreux vont être laissés pour compte et oubliés. Rien que pour cette semaine, nous n’avons pas moins d’une 20ne de sorties dont environ 11 sorties de films conséquentes. Et les semaines suivantes ne vont pas être mieux pour le coup.

Mais du coup, nous avons du faire des choix également de notre côté. Non pas sur les films à voir, puisque globalement nous mangeons tout ce qui sort en salle ou presque, mais davantage autour des thématiques, et du regard que nous pouvons apporter. Tout simplement : que pouvons-nous dire autour du film ? Car nous aurions pu vous parler de l’excellent Mandibules de Quentin Dupieux, mais en dehors de dire que le film est réussi, superbement écrit, interprété, et un des films de Dupieux les plus accessible (soit ce que dit absolument tout le monde), et bien nous n’avons pas de regard ni neuf ni intéressant autour de celui-ci.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui, nous allons parler de D’où l’on vient (In The Heights), nouveau film de John M. Chu, une adaptation cinématographique de la comédie musicale du même nom signé Lin Manuel Miranda.

Sommaire

  1. Lin Manuel Miranda, le nouveau génie de Broadway
  2. Washington Heights, cœur du film
  3. Un film à la plastique folle
  4. Comment parler de représentativité, de reconnaissance d’une communauté
  5. Les chansons
  6. Des différence avec le musical au service de l’adaptation
  7. Une ode à la vie

D’où l’on vient (In The Heights) en deux mots (ou presque)

Au cœur de New York, le quartier de Washington Heights est celui de tous les possibles. Usnavi, propriétaire d’un petit café dans le quartier, rêve de renouer avec ses origines, en République Dominicaine. Mais tout se complique quand il croise le regard de Vanessa, une jeune femme qui rêve de devenir styliste. Leur rencontre, sur fond de danse et de musique, va chambouler leur vie de manière inattendue.

Lin Manuel Miranda, le nouveau génie de Broadway

Avant de s’attarder autour du film, il est important de parler du véritable auteur de l’histoire, des chansons, de la comédie musicale originale, Lin Manuel Miranda. Si il y a bien un auteur dans le milieu de la comédie musicale à retenir de ces dernières années, c’est bien lui.

In The Heights est par ailleurs sa première comédie musicale, qu’il a écrit durant ses années d’études. Bien entendu, si vous le connaissez, c’est principalement pour deux choses : Hamilton, et Vaïana. Le premier qui a été le plus gros choc à broadway depuis plusieurs décennie. Une comédie musicale reprenant l’histoire des pères fondateurs sous le spectre d’un cast entièrement issu des minorités aux USA, et avec un langage et un univers musical reprenant le rap, la soul, le RnB… Une captation est d’ailleurs disponible sur Disney+ et on ne peut que vous inviter à foncer la voir.

Suite à In The Heights et Hamilton, Hollywood commence à voir entre Lin Manuel Miranda LE nouveau grand nom de broadway à embaucher à tout prix, et c’est ainsi qu’il se retrouve chargé des chansons de Vaïana. L’adaptation filmique de In The Heights n’est donc pas la première apparition de l’auteur dans le monde d’Hollywood, et ne sera pas la dernière. Outre son premier film en tant que réalisateur, Tick Tick Boom (Un film qui arrivera directement en SVOD chez Netflix), il continue de travailler pour Disney et sera notamment à l’écriture avec 2 autre mains des chansons du film La Petite Sirène, mais aussi un des prochains disney animation studio, Encanto.

Lin Manuel Miranda a ainsi réussi en a peine 20 ans a se hisser comme la personne incontournable dans son domaine et surtout a permis par sa volonté de représentativité dans le monde trop blanc de broadway, de lancer une véritable révolution dans l’industrie. C’est dans ce contexte qu’il est intéressant ainsi de parler maintenant de l’adaptation de In The Heights et de voir ce qu’elle peut nous raconter du monde d’aujourd’hui.

Washington Heights, cœur du film

Si il y a bien un aspect du film à mettre en avant, c’est la place du quartier dans le film. Si on dit souvent que telle ville ou tel environnement est un personnage à part entière dans tel récit, cela n’a jamais été aussi vrai que dans In The Heights avec son quartier. Que ce soit les personnages, la musique, la réalisation, tout vit ici par rapport au quartier. Miranda a notamment fait ce choix de musiques et de styles de musique dans sa composition par soucis justement d’avoir une véritable représentativité du quartier.

Salsa, Rap, Reggaeton… C’est d’ailleurs un des points les plus rafraîchissants par rapport à de nombreuses comédies musicales, la variété musicale. C’est quelque chose que l’on retrouve dans l’ensemble de l’œuvre de l’auteur par ailleurs, et si, bien entendu, pour conserver cette emprise du style film (c’est à dire une comédie musicale), on retrouve des voix typiques du genre (notamment féminines), le film ne tombe jamais pendant sa durée dans un numéro de broadway classique. Et cette cohérence entre le lieu filmé et sa musique donne une dimension organique à In The Heights vraiment passionnante.

Un film à la plastique folle

Le second aspect qui marque également le film, c’est cette cohérence totale entre réalisation, montage image, montage son, musique et chorégraphie à l’écran. Si nous avons l’habitude de voir des films user de montages synchronisés à la musique, de chorégraphie chiadée dans le domaine de la comédie musicale, il y a encore tout cet ensemble qui forme un tout ultra cohérent et plaisant visuellement.

Le travail autour des décors est tout simplement fou, avec la volonté de rendre le quartier le plus vivant possible, mais en même temps avec cette gentrification qui menace aussi la vie du quartier et donc des commerces fermant, d’autres se faisant racheter.

Et les chorégraphies !

A titre personnel, je n’ai jamais été un férus de grandes chorégraphies, que ce soit dans la comédie musicale, ou tout simplement même de danse, car c’est un art qui me touche moins, mais dans In the Heights, c’est bien cette rythmique de la chorégraphique, fonctionnant à la note près par rapport à la musique, à la réutilisation de danses « classiques » liées aux styles de musiques, qui encore une fois, permet un tout cohérent. sur certaines chansons de plus, comme 96.000 nous nous retrouvons face à une chorégraphique dans l’eau dont certains plans seront des références à des numéros classiques des comédies musicales au cinéma des années 50, mais il y a également ce référentiel du style musical et donc des clips, notamment via certains plans, certaines tenues, qui ajoutent au final encore une fois une cohérence assez folle. De plus l’ensemble des chorégraphies ont été conçues dans un but de représenter l’ensemble des styles traditionnels des différentes îles caribéenne, mais aussi des styles plus moderne que l’on peut voir a New-York, qu’elles soient des évolutions tel que la salsa New-York style, ou d’autres styles contemporains tel que le breakdance.

Ce qui est pour le coup un peu moins habituel, c’est tout ce jeu qui vient briser le 4e mur. Le scratch fait par une bouche d’égout, les regards caméras, tout ceci rentre très logiquement dans le procédé de narration du film qui est le fait qu’une histoire est contée. Cette idée d’ailleurs de changer le prisme de narration par rapport à la comédie musicale originale est d’ailleurs plutôt bonne car permet de se lancer dans des changements majeurs scénaristique sans que cela puisse choquer. Nous sommes ici sur une réelle adaptation cinématographique, qui prend note et se place véritablement dans ce médium-ci.

Comment parler de représentativité, de reconnaissance d’une communauté

In the Heights est un film aux thématiques multiples mais également représentatives du quartier et de sa communauté. Gentrification de la ville de New York, reconnaissances des immigrés au sein de la société, racisme ordinaire aux États-Unis.

Mais une des thématiques les plus importantes, véritable fil rouge, c’est celui d’appartenance. Washington Heights est un quartier « latin » de New York, où se côtoient dominicains, portoricains ou encore cubain et jamaïcain. Qu’ils soient immigrés états-uniens de la 1ere ou de la 5e génération, ils partagent tous une histoire commune, et s’ils ont des origines différentes, ils partagent cette histoire commune qu’ils créent au quotidien a Washington Heights.

Le rêve du personnage principal Usnavi est d’ailleurs de rentrer en République Dominicaine pour retourner sur ses terres d’origines et suivre les traces de son père, tandis que Nina rentre justement au quartier, de part nostalgie et mal du pays. Et encore une fois on peut voir que dans ce récit choral que c’est encore une fois le quartier de Washington Heights qui se retrouve au centre des histoires de chaque personnage.

Si In The Heights arrive de plus a raconter si bien cette histoire c’est car elle est écrite avec un véritable vécu dans le quartier, et un soucis notamment au niveau du cast uniquement composés de personnes issue de communauté latino-américaine. C’est d’ailleurs une des dimensions importante de l’œuvre de Lin Manuel Miranda jusqu’à présent, que ce soit avec In The Heights et Hamilton, de mettre sur le devant de la scène des acteurs, comédiens, talents issues de minorités. Cependant, concernant le film mais aussi la comédie musicale originale, des critiques ont été formées autour d’un manque de représentativité totale de part une absence remarquée d’afro-latino.

Les chansons

Comment ne pas parler d’une comédie musicale sans parler de ses chansons. Il faudrait quasiment un article entier pour véritablement discuter et analyser sérieusement la richesse musicale folle de In The Heights (et on le fera peut être). Mais rien que le numéro d’ouverture donne toute l’identité de l’entièreté du film. L’ensemble des styles musicaux sont représentés, on retrouve en contre chant les mélodies des chansons qui seront chantées en solo les différents personnages, et toutes les séquences présentant les personnages se finis sur une chorégraphie grandiose appuyant ainsi le message de « chaque personnage pour représenter le quartier ».

Bien entendu, le liant de la quasi totalité de la comédie musicale, ce sont les claves qui donnent ce rythme spécifique dit 3-2 (pour 3 coups donné sur la première mesure, et 2 sur la seconde), caractéristique commune de toute musique latine depuis toujours. Cette rythmique, c’est le battement de cœur du quartier, c’est sur ce rythme que tous respirent, que tous dansent.

Des différences avec le musical au service de l’adaptation

Nous avons eu l’occasion de discuter un peu avec @KimmshyLee (sur twitter), une amatrice de comédie musicale, autour des différences entre les deux versions coexistant désormais. En plus des chansons qui ont été supprimées, changée pour la plupart en dialogue entre personnages, c’est aussi toute une partie de l’histoire qui a été réadaptée, avec des dialogues changées, des personnages -tel que la mère de Nina, Camila- qui ont disparu, des rapports entre les personnages ont également changés.

Un des plus gros changement, c’est la temporalité. Si la comédie musicale se déroule en trois journées, ici, tout se déroule sur un été entier, permettant ainsi de pouvoir poser les évènements, et ajouter une notion d’évolution. Ce genre de changements sont pour le coup assez cohérent car sont liés au médium du cinéma. Cela semble plus facilement crédible sur scène d’avoir un condensé en une temporalité spécifique, alors que devant un long métrage, cette évolution est plus logique et plus facilement racontable sur la longueur.

comme le dit @KimmshyLee lors de notre échange, ces changements sont intéressant pour donner une autre dimension à l’œuvre. Notamment le personne de Sonny qui devient ici un immigré sans papier et ainsi privés de certains droits lui paraissant essentiel comme pouvoir étudier ou simplement passer le permis. Ceci permet également de faire évoluer les rapports entre ce personnage et d’autre, comme Nina qui y trouve ici sa motivation de continuer ses études.

Une ode à la vie

In The Heights, c’est au final la comédie musicale et même le film hollywoodien que nous attendions, celui qui célèbre la vie, le partage. Quelque chose qui nous manque véritablement depuis le début de cette crise sanitaire et qui nous invite justement à danser, chanter, que ce soit entre amis ou avec d’autres dans la salle.

Et nous n’avons pas cité Quiara Alegría Hudes qui en plus d’avoir écrit le carnet de la comédie musicale originale, a été également au scénario et s’est occupée de l’adaptation filmique, et a permis un travail incroyable. Le cast également, quasiment tous issu de plus de Broadway plutôt que d’hollywood, et toute l’équipe qui ont permis de créer cette œuvre dont nous n’avons qu’une envie en sortie de salle : retourner le voir, assister à un musical à Broadway ou a West End, et écouter en boucle les chansons.

D’où l’on vient (In the Heights)

  • Réalisateur : John M. chu
  • Scénariste : Quiara Alegria Hudes
  • Avec Anthony Ramos, Vanessa Hughes, Ariana Greenblatt…
  • Musique : Alex Lacamoire, Lin-Manuel Miranda et Bill Sherman
  • Chorégraphie : Chris Scott
  • Direction artistique : Brian Goodwin
  • Costumes : Mitchell Travers
  • Photographie : Alice Brooks
  • Montage : Myron I. Kerstein
  • Durée : 143 minutes
  • Production : Warner Bros., 5000 Broadway, Barrio Grrrl!, Likely Story et Scott Sanders Productions
  • Distribution : Warner Bros.

Notre note :

Note : 5 sur 5.

Critique sur platine : The Battle at Garden’s Gate de Greta Van Fleet

Greta Van Fleet a réussi en seulement quelques années à se hisser au rang de groupe quasi-incontournable de la scène rock (et on en avait besoin aujourd’hui). Après un premier EP incroyable, et un premier album intéressant mais demandant de clairement s’y plonger pour y découvrir de superbes qualités musicales, le groupe américain est de retour avec le plutôt attendu Battle at Garden’s Gate.

L’idée avec ce second album : enfoncer encore plus le clou du premier, et montrer vraiment l’identité propre du groupe, afin que l’on arrête une bonne fois pour toute de les comparer à Led Zeppelin. Le premier album avait pour nous déjà réussi ce travail en proposant par touches un véritable univers musical personnel.

Et tout comme Anthem of the Peaceful Army, Battle at Garden’s Gate vous demandera plusieurs écoutes. Tout d’abord car plus d’une heure d’écoute aussi dense et variée est difficilement digeste la première fois. Attention, l’ensemble reste toutefois ultra cohérent, mais nous avons clairement des choses a dire !

Conditions d’écoutes : à l’occasion de cette chronique, nous avons effectué entre 4 et 5 écoute de l’album. Une première fois dans un contexte d’écoute typique, avec un casque sur une plateforme de streaming depuis notre téléphone. Les écoutes suivantes ont elle été réalisée sur des enceintes de monitoring a partir d’une version digitale non compressée.

Déroulé de l’album

L’album débute avec Heat Above, qui dès la toute première note, donne le ton de cet album. Un premier accord d’orgue dans une cabine leslie, on est loin du gros riff qui tache. La guitare arrive pourtant assez rapidement, pour nous lâcher avec un joli grain la suite d’accords, avant de s’acoustifier lors du couplet. Pour le reste, le morceau est assez classique, malgré un pont mélodique bien trouvé. Ce premier morceau est tout de même une belle note d’intention de l’album : on n’hésite pas à ajouter des couches, des sonorités complémentaires, le tout pour produire un morceau qui, sans être foudroyant est plaisant.

My Way, Soon suit et ressemble davantage à un « classique » du répertoire du groupe. Un petit riff de guitare, le quatuor dans sa simplicité, et un morceau qui n’as pas besoin de plus pour être efficace ! L’album montre davantage son ambition avec (déjà très remarqué et salué) Broken Bells. Et pour nous, et nous n’allons pas aller par quatre chemin, ce n’est pas un titre qui nous a marqué plus que cela !

Le morceau se veut au très classique, une ballade très bien exécutée et arrangée, mais qui n’est clairement pas renversante. Il y a même au final beaucoup plus marquant dans ce même album !

Après le fuzzy/midtempo Built By Nations, un de nos coups coeur retenti, avec sa guitare réverbérée. Age of Machine est pour nous clairement un superbe morceau, que ce soit dans sa construction, son arrangement, ou l’interprétation. On retrouve cette mélodie du chant qui est suivi par une piste de guitare, un véritable groove qui nous fait rentrer dans le morceau et bouger la tête.

C’est aussi l’occasion pour John Kiszka de pouvoir s’amuser sur des plages d’ambiance d’utiliser ses cordes vocales comme une véritable couche instrumentale supplémentaire avec ses vocalises. La partition musicale est d’ailleurs une des plus complexes de l’album, et est parfaitement exécutée. Et lorsque le refrain arrive, on se retrouve avec un chant qui pourrait sans trop de soucis être chanté à tue-tête en concert, et répété en boucle et en boucle. Ah et oui, le morceau sonne très clairement Zeppelin mais pour le coup, c’est très clairement ce que l’on cherche vu comment ils sont capable de le faire et d’ajouter leur touche en plus.

« Feeling
Oh god, the feeling
We need some healing
We need some healing
God knows if you feel defeated
You have been cheated
You have retreated
 » – Age of Machine

On retrouve juste après une nouvelle ballade avec Tears of Rain. Une jolie partition de guitare acoustique, une mélodie vocale qui se met à nu ici. le pré-chorus montre une montée assez classique mais très efficace. Un morceau de milieu d’album. Stardusts Chorus est quand à lui un morceau plutôt appréciable car détonne en terme de rythmique et de mélodie par rapport à l’ensemble de l’album. Une petite bouffée d’air avec un riff assez enlevé et dansant vraiment appréciable.

Après l’oubliable Light My Love, On retrouve un certain Caravel. Un riff qui prend l’espace, jouant avec intelligence sur les silences, suivi d’un second pour le refrain. Un morceau plutôt efficace, mais peu marquant malheureusement. Il y avait là un potentiel assez énorme du morceau. S’ensuit de The Barbarians, rythmé par une introduction à la Wah (un effet de guitare, notamment rendu populaire par Jimi Hendrix).

Pour le reste, on retrouve une nouvelle fois une progression similaire à la moitié de l’album : le riff, la suite d’accord qui accompagne le chant, un pont musical, un refrain… Très clairement, c’est que l’on peut reprocher principalement à cet album, son manque de variété dans la construction de ses morceaux. Là où dans Anthem… on alternait des morceaux basés sur des gros riff et des morceaux avec des progressions d’accords plus complètes et mises en avant, ici, l’album se divise au final en 2 grands style de progression de morceau qui sont alternativement mis en place.

L’album se conclue par le diptyque Trip the Light Fantastic et The Weight of Dreams. Le premier propose un morceau en somme toute assez classique dans leur répertoire, avec une conclusion où on se retrouve noyé dans les réverbérations, le second est un plus gros morceau. Quasiment 9 minutes au compteur pour la conclusion de The Battle at Garden’s Gate, un morceau bien entendu dans une progression de mouvement à un autre, sans avoir au finale de véritable fin. Certaines transitions fonctionnent bien, d’autre sont un peu brutales. C’est toujours un pari très risqué de se lancer et proposer un morceau d’une telle longueur, et si le résultat et prometteur, il n’est pas totalement atteint. Reste tout de même ce solo de guitare tout de même très bien exécuté et sympathique. Mais, cette conclusion, à la guitare acoustique, fait tomber l’ensemble du soufflet monté par l’intensité du morceau.

Notre avis concernant la production

Nouveauté chez Danger Zone, nos chroniques vont accorder tout un volet autour de la production. L’album de Greta Van Fleet est d’ailleurs un excellent stress test de cette section ! A la production, on retrouve Greg Kurstin, un producteur principalement reconnu pour son travail avec Lily Allen, Sia, Adele ou encore P!nk. Pas très rock me direz vous. Concernant le genre musical qui nous intéresse, il est derrière la production du côté des Foo Fighters pour Concrete & Gold et Medecine at Midnight, ou encore Paul McCartney pour son album Egypt Station.

Un gros palmarès donc, mais que l’on soit clair, si nous devions donner la production d’un album de rock à quelqu’un ce ne serait pas lui ! Medecine at Midnight est pour nous un des albums les moins bien produit de l’année, et notre avis ne va pas être positif non plus pour le second album de Greta Van Fleet.

Pour l’occasion, nous sommes retournés également sur les précédents effort musicaux du groupe pour comparer les productions, leurs points forts et points faibles. A savoir que le premier EP comme le premier album ont été produit par le même trio. Une production assez vintage, très dynamique mettant parfaitement en valeur les riffs de guitares, les lignes vocales, mais aussi une grosse présence pour les fréquences basses des futs et de la basse.

Que dire du coup de ce The Battle at Garden’s Gate ? Il y a vraiment une différence de production assez flagrante déjà par le mixage effectué autour des instruments. La batterie sonne beaucoup moins organique et on peut voir que les pistes « triggerered » sont un peu plus en avant, notamment au niveau de la grosse caisse. C’est pour le coup dommage dans ce genre d’album de rock voulant sonner vintage/ rock 70’s, d’autant plus que lors des précédents albums, elle sonnait à la perfection.

Oui, c’est Antoine, l’auteur de ces lignes qui, va vous donner ici une petite explication autour de la production actuelle de la batterie. Si historiquement nous avons toujours enregistré une batterie avec un ou plusieurs micros, depuis quelques décennies et la normalisation de la digitalisation de la production, il est possible en plus d’un enregistrement classique d’ajouter sur les parties à « peau » de la batterie des capteurs permettant, suite à l’enregistrement, d’ajouter un second son numérique ou samplé. C’est ce qu’on appelle triggered (issu du nom du capteur que l’on nomme un trigger), et permet de garder tout de même la performance de l’instrumentiste, tout en ayant un son complémentaire.

Et pour le coup, et c’est ce qui est le plus décevant dans cette production, c’est l’effacement quasi total de la basse par rapport à la batterie. En cause très certainement une évolution du son de Sam Kiszka ou le mixage de la batterie qui pour le côté percussif encore plus mis en avant, au point d’effacer certaines fréquences de la basse. C’est d’ailleurs dommage car les lignes de basses de Sam sont part entières du son et de la composition du groupe.

Passons maintenant à la guitare, omniprésente avec la voix, à la fois comme accompagnant qu’à égalité. Si elle est lors des introductions à la même intensité qu’une ligne de clavier, elle s’envole lors des solos. Pour le coup, pas d’évolution notable dans le matériel. On reste sur sa SG des années 60 dans du marshall à fond. Concernant la voix, on peut sentir un mixage un poil différent, avec un changement au niveau des EQ et de la compression, qui la fait un peu moins percer dans le mixage. C’est un choix qui est intéressant pour certains morceau, mais encore une fois, et c’est ce qui manque cruellement à cette production, c’est de la variété. On aurait aimé avoir certains moments, notamment sur les morceaux envoyant le plus le bois que la production se lâche un peu au lieu de se contenter de créer son cube à la limite du surproduit.

Et en cause de ceci, la noyade dans la réverbération de l’album. C’est simple, en dehors de la basse, il n’y a pas un instrument, une piste qui ne se retrouve pas sans une réverb. Cela peut très bien sonner par moment, mais dans d’autre, cela conduit à une bouillie sonore. On aurait pour le coup vraiment gagné à avoir une production plus légère sur The Barbarians par exemple. Et nous ne parlons pas de Broken Bells et Tears of Rain où là, c’est carrément les cordes que Kurstin à invoqué pour appuyer encore plus le côté ballade dans le plus mauvais sens du terme. Cela en est même caricatural sur certaines pistes de batterie, que l’on dirait tout droit sorties d’un album de Phil Collins.

C’était d’ailleurs ce minimalisme dans Anthem… qui avait fait sa force sur les ballades proposées dans ce premier effort musical. Donc ici pour The Battle of Garden’s Gate, on se retrouve avec une production cohérente, qui se veut davantage moderne qu’auparavant, mais qui tombe par moment dans la surenchère, et au final une perte d’authenticité du son vintage, tout en cherchant à le conserver. Une sorte d’entre deux qui, tout en restant efficace (et bien plus qu’un Medecine at Midnight) manque de pêche et d’originalité.

Au final, on en pense quoi ?

Que penser de cet album au final et en le prenant comme un tout cohérent ? D’un côté, nous sommes véritablement dans la continuité de l’œuvre du groupe, avec cette volonté de petit à petit créer un son et une patte Greta Van Fleet, mais l’ensemble manque cruellement de variété. On se retrouve donc pendant cette heure d’écoute à assez rapidement confondre tel ou tel morceau de part les sonorités similaires, la construction du morceau également. Et c’est dommage car on voit le niveau d’interprétation du groupe, et aussi la qualité de leur précédents efforts.

Mais c’est aussi un album qui n’est pas servi pas sa production qui, à vouloir une constance et cohérence à toute épreuve (notamment pour son écoute principale, c’est à dire un morceau par-ci/par-là sur les plateformes de streaming), manque véritablement d’une démarche artistique, et va dans des excès de réverbération et d’arrangements qui nuisent à l’album.

Néanmoins, ce serait hypocrite de notre part de cacher tout de même l’appréciation que nous avons eu pendant notre première écoute de l’album, par petites touches et petits instants, nous permettant de tout de même garder la confiance envers un groupe au potentiel énorme. Les gars sont de plus jeunes et ont toute leur carrière devant eux pour nous proposer de futurs albums davantage mémorable.


Nos titres préférés :

  • Age of Machine
  • Stardusts Chorus

The Battle at Garden’s Gate – Greta Van Fleet

  • Joshua Kiszka : Chant
  • Jacob Kiszka : Guitares
  • Samuel Kiszka : Basse, claviers
  • Daniel Wagner : Batteries
  • Production : Greg Kurstin

Notre note :

Note : 2.5 sur 5.

Danger Zone présente Relationships on the Radio

Après plusieurs années de gestation, nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie de Relationships on the Radio, notre premier EP musical. Un projet initié par des premiers enregistrement en 2016, qui ont enfin trouvé un sens et une signification lors de la concrétisation du projet en 2020.

L’histoire de Relationships on the Radio

En 2016, alors qu’une partie de Danger Zone tentait de relancer Rappel 50, groupe de pop-rock français du début des années 2010, de premiers textes sont arrivés, traitant déjà, de rupture amoureuse mais aussi de déclaration du même genre.

Pour la suite, il faut faire un bon dans le temps en 2018, où un travail d’arrangement, d’abord acoustique, a été réalisé autour du titre Love Will Tear Us Apart de Joy Division. A cette période, le projet débute sous le nom de The Doors of Eternity. Nous en avions d’ailleurs parlé par ici.

Après une première session d’arrangement et d’enregistrement de ce projet, l’ensemble est mis de côté, par un déménagement, changement de volonté artistique, et aussi notre travail d’accompagnement pour le groupe Praïm Faya qui remplissait à l’époque toute notre ambition musicale et artistique, en plus de notre emploi du temps.

C’est ainsi fin 2020 que nous arrivons, avec un nouveau lancement du projet, avec tout d’abord comme volonté de proposer l’EP comme une compilation de compositions et reprises entre 2016 et 2020. Ce n’est que quelques semaines plus tard que l’ensemble mue pour devenir aujourd’hui Relationships on the Radio.

Le concept de Relationships on the Radio

Relationships on the Radio est un EP de cinq titres fonctionnant tel un concept album. L’ensemble représente une tranche de vie d’un poste radio d’une voiture qui pendant 15 minutes, raconte l’histoire d’une séparation amoureuse, puis de la naissance d’un nouvel amour.

L’ensemble faisant ce tout cohérent où compositions originales et reprises s’enchaînent.

Pourquoi le choix de proposer des reprises me direz vous ? Et bien c’est assez simple, ces deux morceaux ont tout d’abord une résonance parfaite dans l’histoire contée, mais aussi personnelles bien entendu.

La chose qui a été également conservée du projet initial, c’est la sonorité de l’ensemble, voulu comme une rencontre entre la new wave de la fin des années 70 et une folk teintée de sonorités blues et soul. Nous avons souhaité rester assez minimaliste dans le nombre d’instruments présent dans chaque morceaux.

C’est un projet qui, de part la durée de sa production complète a été difficile à finaliser. Des compositions et premiers enregistrements datant de 2016, d’autre d’aujourd’hui… Un gros travail a été effectué de réarrangements de l’ensemble des morceaux, afin de créer une cohérence et surtout une plus grande simplicité d’approche et de musicalité, afin de trouver une intimité particulière dans l’album.

Où écouter et acheter Relationships on the Radio ?

Dès aujourd’hui, Relationships on the Radio est disponible en écoute libre et en vente sur Bandcamp. Pour l’instant, nous ne comptons pas proposer l’album hors de Bandcamp.

Si vous ne souhaitez écouter que l’album, cela ne vous coûtera bien entendu rien. Si vous souhaitez cependant obtenir l’album pour l’écouter partout et quand vous voulez, nous avons fixé un tarif unique à 5€. Vous pourrez également vous procurer si vous le souhaitez notre bande originale du court métrage The Unknown Bluesman pour 2€.

Nous vous proposons tout de même une offre spéciale réservées au 150 premiers acheteurs de Relationships on the Radio, qui obtiendront gratuitement cette bande originale.

Dans tout les cas, nous souhaitons vous remercier à tous par avance, pour l’accueil que vous ferez à ce premier projets qui n’est que le début pour Danger Zone et sa division production.

5 albums pour bien démarrer l’année

Après un début d’année et une fin de mois de janvier bien chargée, il était temps de se poser quelques temps, un petit verre à la main, la platine branchée et les différentes sorties de la période. Bienvenue dans ce que nous espérons sera notre revue musicale du mois.

On va débuter ici avec 5 albums qui nous ont particulièrement plus, un retour vers le passé, mais aussi une déception ! Bien entendu nous vous invitons à nous donner votre avis et nous partager vos coups de cœur du moment.

Detroit Blues de Danny Kroha

On débute cette liste par la dernières sortie tout droit issue du label Third Man Records, Detroit Blues de Danny Kroha. Second album de l’artiste solo issu de Detroit, Danny Kroha évolue une nouvelle fois dans une musique acoustique aux contrées du blues et de la country.

Un jeu de guitare qui nous viens tout droit des influences d’un Charley Patton tout autant qu’un Robert Johnson, couplé a des mélodies pouvant nous provenir tout droit de Nashville, Tennessee.

En global un album vraiment plaisant qui s’écoute assez rapidement, les titres ne dépassant les 3 minutes, tout comme ce que l’on retrouve dans le genre. Nous ne sommes clairement pas sur une grosse claque du genre, mais un album plutôt efficace mais pas aussi mémorable que on le voudrait.

Note : 2.5 sur 5.

Zebra de Charles Pasi

Nous avions laissé Charles Pasi en 2017 avec son déjà très plaisant Bricks. Après une tournée, et un passage par Marciac en 2018, l’artiste signé chez Blue Note nous revient avec Zebra, son nouvel album. L’occasion de reprendre une petite bouffée de mélodie pop couplée aux talents d’harmoniciste de l’artiste.

Ce qui est très plaisant dans sa musique c’est qu’il ne se retranche pas dans un blues ou un jazz classique, mais va incorporer ces influences et codes dans une production davantage actuelle. Cela permet d’avoir ici cette sorte de pop groovy. L’ensemble est bien mixé et les compositions sont variées permettant d’avoir un renouvellement fréquent concernant l’écoute.

Ce qui est également très plaisant dans ce Zebra, c’est la place de l’harmonica, utilisé comme une guitare dans la composition et l’arrangement, tantôt jouant un riff, ou bien un solo comme celui de Mike and Richie (dantesque).

Note : 3.5 sur 5.

Cory and the Wongnotes de Cory Wong

Cory Wong fait partie de ces artistes ultra prolifiques, à coup d’une dizaine d’albums (studio et live) par années. Pour débuter l’année, il met la barre très haute avec son Cory and the Wongnotes. Promu via une suite de pastiches de late night show américain très bien pensée et amusante, les premiers singles sortis auguraient du très très bon.

Et déjà ce qui marque, c’est cette différence de ton sonore par rapport aux autres albums. On a l’impression qu’avec cet album, Cory Wong a souhaité revenir sur un versant un poil moins moderne notamment en terme de composition et d’arrangement des cuivres, plus vintages et pêchus. Comme très souvent, on se retrouve avec un album qui file droit, qui nous fait danser, et qui reste plutôt varié en terme de musicalité.

De Tiki Hut Strut et son influence hawaienne au déjà grand hit United, il y a un monde, mais qui reste autour du groove et du funk. L’album se conclue d’ailleurs par un medley de Stevie Wonder qui nous donne une véritable petite leçon de réarrangement de cuivres. Il est au final presque dommage que cela soit aussi court, on en aurait pris pour 15 minutes comme ça avec toute la carrière de Wonder synthétisée.

Note : 3.5 sur 5.

Drunk Tank Pink de Shame

Shame, ça été notre gros coup de cœur lors de la sortie de Songs of Praise, un album incroyable entre punk et New Wave, la rencontre entre les Stranglers et Joy Divsion. Difficile de cacher notre excitation lors de la sortie de Drunk Tank Pink, leur second album.

Dès les premières notes, l’album se veut davantage brutal et rentre dedans que son prédécesseur. On retrouve les marqueurs sonores du groupe. Dommage par contre que l’on retrouve par contre moins de grosses envolées mélodiques. Mais cela en fait également une force dans cette volonté de proposer un album davantage rentre dedans.

De notre côté on a trouvé moins de morceaux véritablement marquant, mais le tout est efficace, bien produit et nous fait bien bouger la tête pendant l’écoute, ainsi que quelques riffs dont on aurait aimé avoir eu l’idée.

Note : 2.5 sur 5.

Théo Charaf de Théo Charaf

On boucle cette première partie de notre revue du mois avec le premier album de Théo Charaf. Un nouveau venu dans le paysage du blues français ce qui n’est pas pour nous déplaire. Et quel premier album ! On retourne dès les premiers instant dans les terres de l’Amérique, celle de Neil Young comme celle de Skip James.

Une voix profonde, une guitare et c’est tout ! Entre compositions originales et reprises, l’artiste s’amuse à montrer à l’auditeur son univers, notamment avec sa sublime version du Devil Got My Woman de Skip James.

Un premier album véritable petit coup de cœur pour nous ! Une belle plongée musicale, et on ne peut que vous inviter à aller y jeter une écoute et soutenir l’artiste en allant acheter l’album en vinyle.

Note : 4 sur 5.

L’incontournable du mois : The Miseducation of Lauryn Hill de Lauryn Hill

Dans cette rubrique, on va revenir un peu sur un album incontournable pour vous le faire (re)découvrir. On entame ici avec The Miseducation of Lauryn Hill, unique album de Lauryn Hill (ex. Fugees à l’époque), datant de 1998. Un concept album à la frontière entre le hip-hop, la soul, et le RnB, rapidement considéré comme étant la pierre angulaire du style que l’on appelle aujourd’hui néo soul.

The Miseducation of Lauryn Hill est, et ça n’étonnera personne, un album incroyable de bout en bout. De sa production usant à la fois des samples mais aussi beaucoup d’instruments enregistrés pour l’album, une liste de guest impressionnante, et cette sonorité typique des productions des années 90. Un production qui peut paraître datée mais qui sonne encore aujourd’hui très bien.

Parmi les participants sur l’album, on retrouve D’Angelo, Santana, Mary J. Blige mais aussi John Legend, Julian Marley ou encore Dean Frasier. Un des autre aspect rendant cet album si unique, c’est son cadre d’enregistrement, entre les États-Unis et la Jamaïque, permettant ce mélange issu de tout les styles musicaux de ce que l’on appelle « musiques actuelles » ou « musique populaire » (deux expressions plutôt galvaudées).

The Miseducation of Lauryn Hill est un véritable incontournable à posséder absolument dans sa discothèque personnelle !

Note : 5 sur 5.

La déception du mois : Medecine at Midnight de Foo Fighters

Il faut bien déverser un peu de son sel par moment et ce mois-ci, ce sont les Foo Fighters qui en seront les victimes. Après un Concrete and Gold convaincant mais pas totalement, le groupe de Dave Grohl est de retrouve avec Medecine at Midnight un album plutôt attendu.

Et que l’on soit direct, on s’est un peu ennuyé sur l’ensemble de l’album, peu de riffs marquant, des compositions peu inspirées. On a clairement l’impression d’avoir un Foo Fighters en pilote automatique. Étonnant quand on voit que plus de 3 ans sépare les deux albums.

Mais ce qui choque le plus, c’est la production et plus spécifiquement le mixage réalisé au niveau de l’album. L’ensemble est sur-compressé et manque de naturel et de dynamisme. On est très loin de la production exemplaire de Wasting Light (qui a dix ans cette année). Reste de « marquant » le titre Medecine at Midnight, proposant un solo de guitare aux sonorités très proche d’un Stevie Ray Vaughan.

En bref, un album aussitôt écouté aussitôt oublié, vraiment dommage.

Note : 1.5 sur 5.

Et c’est tout pour notre revue musicale du mois ! Nous espérons que le format vous aura plu et donné envie de découvrir ces albums. On se donne rendez-vous bientôt pour une assez grosse annonce ! Et n’oubliez pas, écoutez des albums et soutenez les artistes en achetant leur albums au lieu de simplement les écouter sur les plateformes de streaming.

Clermont-Ferrand 2021 : Compétition Nationale

Cette année, le festival du court métrage de Clermont-Ferrand se déroule en ligne. Afin de vous aider à vous y retrouver, nous vous proposons un article part type de compétition. Bien entendu tout sera mis à jour pendant l’ensemble de la semaine. Vous retrouverez ainsi ici des avis un peu plus développé que ce que vous pourrez trouver en quelques caractères sur notre compte Twitter, qui sera davantage un avis global sur la séance. Nous avons d’ailleurs décidé de conserver ce qui fait pour nous de l’identité du festival c’est à dire la division de la compétition en différentes séances. Bienvenue ici dans la compétition nationale !

Les programmations de la compétition nationale

Programmation F11

Horacio de Caroline Cherrier

On commence la programmation en douceur mais pas trop avec Horacio, un court métrage d’animation qui, en partant d’un postulat assez simple, arrive de part cette voix du minimalisme à parler de façon intelligente de violence, le tout avec un style d’animation 2D vraiment cool nous transportant directement dans un univers de bande dessinée actuelle. Une bonne mise en bouche.

Note : 3 sur 5.

Ourse de Nicolas Birkenstock

D’ores et déjà un petit coup de cœur personnel de cette sélection, Ourse traite avec finesse et justesse d’adolescence, de la perte d’une personne de sa famille et de comment grandir et avancer après un tel évènement. Le tout est joué avec une belle finesse et le court regorge de superbe idées notamment en changeant de procédé cinématographique de façon cohérente et très maligne. Un vrai plaisir qui en dehors de son aspect technique, bouleversera quelques cœurs.

Note : 4 sur 5.

Notre Doctrine de Damien Salama

Assez souvent, les courts métrages provenant de la fémis divisent. Ca passe ou ça casse et pour le coup Notre doctrine passe, et même très bien. Dans cette fiction au style quasi documentaire, on se retrouve plongé dans ces trois semaines de formation aux futurs CRS. Si l’ensemble reste de la fiction, imaginer qu’un dixième de ce que l’on voit est réel suffit pour nous effrayer. Un court métrage coup de poing en pleine période de débat autour des violences policières et de la loi sécurité globale.

Note : 4 sur 5.

T’es Morte Hélène de Michiel Blanchart

Nous en avions déjà parlé lors du festival de Gérardmer, où le court métrage de Michiel Blanchart a remporté déjà le prix du court métrage mais T’es Mort Hélène est une vraie petite pépite, doté d’une réalisation référencée, citant entre autre Edgar Wright et son Shaun of the Dead comme Sam Raimi et son Evil Dead. Un petit bijou dont nous prenons encore une fois, en tant que gros amateur de cinéma de genre, un plaisir non dissimulé à revoir le revoir une seconde fois.

Note : 4 sur 5.

Programmation F8

Trona Pinnacles de Mathilde Parquet

Un début de séance qui en met plein les yeux avec une animation sublime en terme de décor, qui nous convainc moins personnellement du côté des personnages. Scénaristiquement, nous suivons une tranche de vie de vacance en somme toute assez classique qui nous laissera un peu de marbre. Dommage.

Note : 2.5 sur 5.

Perles de Alexis Hellot

Un sujet difficile, qui mène forcément à un court qui divisera. De notre côté nous n’avons pas été super convaincu par la proposition, malgré un travail autour du noir et blanc assez intéressant, reposant sur une réalisation dite « naturaliste ».

Note : 2 sur 5.

Which is witch? (Sorcière sorcières) de Marie Losier

Ici on est en plein dans de la fiction expérimentale avec une grosse inspiration dans le montage et le choix des costumes dans du surréalisme. Pour le coup un poil trop court pour que nous puissions nous plonger véritablement dedans.

Note : 2 sur 5.

Red star de Yohan Manca

Un court métrage qui parle de façon subtile de précarité dans notre quotidien actuel, ça marche très souvent immédiatement chez nous. Si vous êtes allergique au cinéma d’un Ken Loach par hasard, ce court vous laissera clairement de marbre. De notre côté, c’est un cinéma social qui nous touche particulièrement. Il y a énormément de Moi, Daniel Blake dans ce court métrage. Et en plus, Red Star est l’occasion de revoir François Créton, prix d’interprétation à Clermont-Ferrand en 2018, qui est un des acteurs français les plus sous coté et touchant actuellement.

Mais ici, le rôle principal, c’est Abel Jafri qui l’interprète avec une sensibilité incroyable. Très clairement dans les favoris pour le prix d’interprétation dans sa finesse de jeu la détresse qu’il transmet. Un des films marquant de la compétition.

Note : 4.5 sur 5.

La Chamade de Emma Séméria

Assurer une programmation, c’est savoir équilibrer ses séances. Après un puissant Red Star il faut être capable de redonner un peu espoir en l’humanité. Quoi de mieux alors que de proposer La Chamade, un joli petit court métrage sur l’adolescence et l’amour, porté par un duo possédant à l’écran une très belle complicité. C’est simple, léger, et ça fait du bien pour conclure tout cela.

Note : 3.5 sur 5.

Programmation F12

Bruits blancs de Thomas Soulignac

Un court métrage sympathique, qui arrive à traiter avec intelligence du deuil et de la lutte contre la solitude. Assez classique dans sa forme, l’ensemble est néanmoins bien joué permettant au court de passer tout en douceur.

Note : 2.5 sur 5.

Écoutez le battement de nos images de Audrey et Maxime Jean-Baptiste

Il est toujours intéressant de voir des documentaires sur des sujets que l’on connaît un peu car le plus souvent, cela permet d’avoir un point de vue différent. Ici il est question de l’histoire de la conquête spatiale française et plus spécifiquement de la construction du fameux site de Kourou en Guyane. Un sujet vraiment sympa bien mis en avant par une belle sélection d’images d’archives et une voix off efficace.

Note : 3 sur 5.

L’ Effort commercial de Sarah Arnold

Attention grosse baffe. L’Effort commercial est un court métrage qui se base sur différent faits réel survenu ces dernières années. Un film qui traite de l’asservissement et des conditions de travail notamment dans le milieu ici de la grande distribution. Et pour avoir connu des personnes dans mon entourage proche connaissant ces conditions de travail, je ne peux que vous dire que le film est criant de vérité et de puissance.

Note : 4 sur 5.

Princesses de Margaux Elouagari

Comme vous pouvez le voir, traiter de la question de l’adolescence et aussi de la position de la femme dans notre société actuelles sont des thématiques plutôt présente dans cette édition du festival et ce n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire. Entre ennui, recherche de nouveauté, d’expérience nouvelle, on suit notre duo du Nord qui se confrontera à une réalité bien trop normale et choquante de notre société. Un court métrage fort.

Note : 4 sur 5.

On n’est pas des animaux de Noé Debré

Après le très intéressant Le Septième Continent, nous retrouvons Noé Debré accompagné de Thomas Blumenthal autour d’un court métrage traitant de la thématique du plaisir sexuel féminin et du malegaze qui est conditionne notre vision dans notre monde actuel. Le court est intéressant et semble au final ne pas vouloir donner au final raison davantage d’un côté comme d’un autre. Pas a 100% certain du résultat, dommage.

Note : 2.5 sur 5.

Programmation F2

Sogni al campo (Rêves des champs) de Mara Cerri et Magda Guidi

Un court métrage d’animation assez classique que l’on retrouve de façon plutôt habituelle dans le festival. Attendu et au final assez oubliable, malgré un style d’animation de peinture vraiment sympa

Note : 2 sur 5.

Les Mauvais garçons de Elie Girard

Grandir en 9 mois, c’est possible, et le très bromance Les mauvais garçons propose un portrait fascinant à suivre de ce trio de pote qui en 9 mois vont voir leur quotidien évoluer, changer, et leur relations également, entre eux mais aussi par rapport à la gente féminine. Un court métrage qui fonctionne super bien et qui sait toucher où il faut en terme de corde sensible.

Note : 3.5 sur 5.

Salem de Sophie Beaulieu

Salem, c’est une référence a peine cachée du côté des sorcières. Les sorcières ici, elles sont deux, femmes, fortes et souhaitant renverser le monde détenu par les hommes dans ce spectre familial. Intéressant de voir ici la métaphore de la sorcière de retour pour parler de féminisme, ce que faisait par exemple Gaspar Noé dans son Lux Aeterna. Salem est une petite réussite en terme d’écriture, mais convainc moins par la réalisation.

Note : 3 sur 5.

Dieu n’est plus médecin de Marion Le Corroller

Attention très gros coup de cœur. Dieu n’est plus médecin, c’est une façon de parler du burn out dans le milieu médical en faisant ici un appel au cinéma de genre. Il y a très clairement du Cronenberg ici dans toute cette notion du rapport au corps. Subir la maladie pour accepter la mort de certains de nos patients ? Souffrir en silence est la loi pour survivre dans le milieu médical ? Des questions d’actualité le tout présenté avec une forme incroyable, et une sublime performance de l’actrice Judith Zins. Un des courts fort de cette sélection à n’en pas douter.

Note : 5 sur 5.

Programmation F1

Abada de Jean-Benoît Ugeux

Court métrage centré autour de la relation père-fils et de l’incompréhension des deux hommes de générations différente. Assez attendu et oubliable.

Note : 2.5 sur 5.

Eva voudrait de Lisa Diaz

Un long court métrage qui prend son temps, doté d’une écriture plutôt maitrisée. Nous n’avons cependant pas du tout accroché et les quasi 1 heure de métrage nous ont semblé long.

Note : 2.5 sur 5.

Jeunesse perdue de François Zabaleta

Un documentaire égotrip de l’auteur. Très clairement pas notre truc, mais des images sympa.

Note : 2 sur 5.

Martin est tombé d’un toit de Matías Ganz

Un court métrage pas transcendant du tout, mais qui passe bien. Assez oubliable.

Note : 2.5 sur 5.

Programmation F3

The Nightwalk de Adriano Valerio

Documentaire forcément d’actualité de part sa thématique. Un point de vue assez intéressant, complémentaire au documentaire d’Arte sorti quelques mois auparavant, l’émotion personnelle ici davantage en avant. Plutôt réussi.

Note : 3 sur 5.

Juste à Nantes de Marjolaine Grandjean

On se plait véritablement à suivre cette errance estivale étudiante. Des personnages attachants et profondément humains, et un court métrage qui sait comment faire respirer son récit. Un véritable mini parcours initiatique de la protagoniste principale, jusqu’à cet ultime plan, face caméra, contemple son passé et son avenir.

Note : 3.5 sur 5.

Souvenir Souvenir de Bastien Dubois

Difficile de traiter de la d’Algérie. Un sujet encore tabou dans nos instances mais pourtant, Souvenir souvenir à trouvé un sublime angle pour parler avec délicatesse et une véritable intimité du sujet. L’utilisation de plus de plusieurs techniques et style d’animation fonctionne super bien. Une belle œuvre.

Note : 4 sur 5.

Malabar de Maximilian Badier-Rosenthal

Pour conclure la séance, une histoire beaucoup plus légère, se voulant davantage comme une véritable ouverture d’esprit vers l’autre telle une fable, où ce qui transparait au final le plus, est que la gentillesse et la bonté pure ne peuvent faire que nous grandir.

Note : 3 sur 5.