Rencontre entre deux plateaux : Julien Bitoun and The Angels

C’est à l’occasion de la sortie de Big White Moon, premier album du trio, que nous nous sommes rendus au Piano Vache à l’occasion de la release party dédiée à ce premier album de Julien Bitoun & The Angels. Une interview à quatre voix, aussi réjouissante que foutraque.

Bonsoir !

Tous en cœur : Bonsoir !

Comment allez-vous ?

Julien Bitoun : Très bien ! On va jouer, donc forcément, avant de jouer je suis toujours heureux.

Paul Iron : Un tout petit peu de stress forcément…

Swanny Elzingre : Ohhhh c’est mignon, il est un peu stressé !

Paul : Bah oui ça ne s’arrête pas avec moi, malgré les concerts et le temps.

Julien : Je suis gai comme un italien qui sait qu’il aura du vin

Pour commencer, comment s’est formé cette joyeuse bande de trublions ?

Julien : Oh ! Monsieur fait des allitérations !

Swanny : Un trublion, un triblion, un trioblion..

Paul : Moi je me suis arrêté à comment

Julien : Pour être plus sérieux, Chicken & Waffles était donc un album de reprise blues, et j’avais plusieurs compositions en tête. J. Merrick date de 2011 donc ça faisait quand même presque dix ans que je n’avais rien sorti en terme de compositions originale. J’avais plusieurs chansons qui trainaient comme Are you In There. Je voulais d’autres musiciens pour m’accompagner car ce n’était pas la même orientation musicale. Je cherchais quelque chose de différent en terme de respiration.

J’ai appelé Paul avec qui on jouait déjà dans un tribute de AC/DC. Lui était Angus et moi Malcom, le meilleur rôle bien entendu vu que j’avais monté le groupe. On s’est rendu compte qu’à cette occasion on jouait particulièrement bien ensemble. Je savais que Paul jouait aussi de la basse et je lui ai ainsi proposé de devenir bassiste pour le groupe. Swanny quant à elle m’a contacté le 13 janvier 2019 (Swanny commente : Un an !) suite à une annonce que j’avais passé sur Facebook, demandant une batteuse. Je voulais une dynamique mixte dans le groupe. J’ai fait donc une annonce avec une photo de Maureen Tucker (Batteuse du Velvet Underground) et j’ai eu tout les trolls de facebook qui sont arrivé à coup de : je peux me raser les jambes, mettre une perruque, la cacher entre mes jambes, c’est pareil…

Swanny m’a contacté, on a auditionné 4 batteuses, et l’évidence s’est imposée, dans la manière de respirer ensemble. J’avais jamais trouvé une batteuse qui fait sonner sa caisse claire comme la Mowtown comme Swanny. C’est une des premières chose que je t’ai dite d’ailleurs.

Swanny : Oui c’est la première chose que tu m’a dit ! Tu m’avais fait un peu peur à cette occasion d’ailleurs. C’était quasiment après le premier coup de caisse claire que j’ai fait.

Julien : Oui c’est ça, j’ai dut dire un truc du genre : Toi, tu as beaucoup écouté la Mowtown ! Et tu étais : Peut être, je sais pas, c’est bien ?! (Rire) On s’est tout de suite entendu immédiatement. Il y avait bien entendu une bonne raison à cela, c’est qu’on avait écouté beaucoup de choses en commun et même plus loin que cela, on avait une philosophie commune musicale.

Et du coup, pourquoi ce choix de Power Trio ?

Julien : Et bien parce que j’aime bien l’espace. parce que quand je power trio lorsqu’il est bon, permet d’en mettre le moins possible. Il y a pas un quatrième qui se sent obliger de justifier sa part du gâteau et de mettre le plus de notes possibles. Quand je ne joue pas, il y a pas de guitares et c’est vachement bien. (Rires collectifs) Cela permet de laisser de la place à chacun et d’éviter la guerre du volume.

Swanny : C’est trop bien le Power Trio.

Julien : Toi tu joues quasiment qu’en Power Trio en plus non ?

Swanny : Oui j’étais en train de me dire et c’est merveilleux. Tu n’as jamais place à l’erreur mais en même temps c’est la meilleure formule de la terre.

Julien : C’est commune voiture très réactive.

Swanny : Un peu comme une Sandero

Julien : Mais c’est un diésel ton Sandero

Swanny : Oui mais il est réactif quand même.

Paul : C’est bête mais dans un power trio, tout le monde peut prendre aussi un peu plus de place que dans d’autre formations.

le père de Paul arrive.

Là c’est mon papa et c’est lui qui m’a appris à jouer en trio. Pour en revenir à ce que je disais, il y a un aspect très satisfaisant au trio. Il n’y a pas de guerre entre les guitaristes qui prennent toutes les fréquences pour avoir le meilleur son, et du coup on entend personne. Là, chacun connait son territoire et on peu un peu plus s’étaler dessus et se retirer. A trois, si tu sais régler ton son, tu sais sonner plus plein que quatre.

 

Et puis en plus de cela y a l’égo d’un chanteur en moins

Julien : Non moi je compte pour l’égo d’un chanteur et d’un guitariste (rires)

Concernant les compositions. Tu nous a dit qu’une partie étaient déjà écrite de ton côté, quid des autres ? Comment s’est déroulé le processus de composition ?

Paul : En fait, nous avons utilisé pour les auditons une des compositions de Julien. Par la suite, il nous amenait soit un morceau déjà fait où il nous suffisait d’ajouter notre patte individuelle. Ou alors, comme pour Mississippi, c’est Julien qui débarque en Julien… Julien qui débarque en julien, bien sur !

Julien : Déguisé en Julien !

Paul : Des fois il se déguise en lui-même. Il débarque donc en répète et dit : « j’ai ce riff là en tête, est-ce que c’est super ou est-ce que c’est naze ? ». Il le lance, on rebondit dessus et c’est comme ça que ça marche.

Julien : j’avais fait une démo pour Mississippi, c’était une horreur. Alors que la démo d’Eko Park est quasiment la même chose avec des faux instruments en trop. Y a des degrés de finition différentes tout comme des tarifs différents… Et pour Your Words, c’est Paul qui nous l’a envoyé en vidéo et on l’a remanié tout les trois.

Paul : La chanson était déjà là, il manquait un truc fun. Un solo, non, un break, pourquoi pas. On ne savait pas comment le faire. Et Swanny est venue avec des super idées et c’est comment ça qu’on est arrivé avec ce creux qui amenait à la partie lente.

Swanny : En fait ça s’est fait super rapidement, sans vraiment se poser de question.

Paul : C’est ça, on s’est jamais vraiment posé de questions.

Swanny : Il manque un truc, tu as une idée, tiens j’ai une idée, c’est ça… Ah ouais c’est cool, bon bah vas-y.

Paul : En fait je pense que c’est important pendant le processus de composition de faire beaucoup à l’instinct, car dès que tu commence à un peu trop réfléchir, tu perds énormément en énergie et de dynamique du trio.

Swanny : On a pas beaucoup réfléchit quand même les compos…

Julien : Vous non, moi oui ! (rires)

Paul : Mais nous on s’en fout, on est payés !

Julien : C’est vrai, moi je dors pas en échange.

Un truc qui ressort dans l’album, c’est la variété en terme de notes, couleurs, ambiances sonores. Comment est-ce que vous expliquez cela ? Est-ce un travail d’une influence initiale et les autres qui se sont greffées ?

Julien : Chaque composition a imposé sa couleur. On se disait de temps en temps : ce plan ressemble trop à quelque chose donc on va l’éviter. Vu qu’on a des codes communs très développés, on avait même pas besoin de se le dire.

La variété des couleurs viennent de nos écoutes, influences communes et proches. Entre Queens of the Stone Age et Johnny Cash, il y a quelques miles de différence en réalité.

Swanny : Il y a Miles Davies, Miles Kane…

Julien : je connais pas d’autres Miles… Si, Myles Kennedy !

Concernant l’enregistrement. Tu as mis en place une campagne Kiss Kiss Bank Bank, car tu as l’habitude, tu aime demander de l’argent (rire)

Julien : C’est ça ! ça fait partie de mes passions dans la vie.

Ça va au delà de ça. En fait pour moi c’est une nouvelle manière de faire de la musique. Cela permet d’impliquer des personnes, ce qui est toujours chouette, cela permet d’être sur que des gens naturellement écouteront l’album. En plus de cela, ça permet de financer un enregistrement de qualité et pas être obligé de faire avec des bouts de ficelles. Et cela permet de garder son indépendance musicale. De pas avoir un directeur artistique qui respire dans la nuque à chaque note que tu fais. Ne pas avoir quelqu’un qui a un avis et pas de culture (musicale). Il y a cette possibilité de faire de la musique pour les gens qui ont envie de l’écouter. Je le considère comme un achat en avance.

Le deal est intéressant, cela permet de faire le meilleur album possible pour les gens qui veulent l’écouter, pour moi c’est une évolution du music business assez excitante. C’est une bonne manière de palier à l’absence de risque des labels, et le milieu musical est exsangue en terme financier.

Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Julien : On a enregistré au studio 180, se déroulant dans le Nord de Paris. Nous avons principalement choisi le ce studio pour l’ingé son, Arnaud Bascuñana. Un studio en soi ne sert pas à grand chose, c’est l’ingé qui est dedans qui fera la différence. Et Arnaud a l’habitude d’enregistrer sur bande et en live. Nous nous sommes installé là bas pendant 3 jours. Deux jours et demi de prises, et pis voilà. Nous avons travaillé sur une console SSL d’ailleurs.

Quel a été votre déclic musical ?

Paul : J’ai eu trois gros déclic. Mon premier est It’s a Long Way to the Top d’AC/DC. Là j’ai fait « Ouh, le Rock’n’roll c’est cool ! ». Ensuite vers 12-13 ans, mon père m’a fait monter sur la scène du Bataclan pour chanter 1 chanson devant 500 personnes et je me suis dit « C’est super chouette ! ». Et à 15 piges, j’ai fait mon premier concert en tant que bassiste-chanteur dans une colo rock. Et j’ai vu ce que cela faisait d’être devant le public qui a fait que tu fais de la musique, et bien j’ai fait fuck le bac s et je vais faire de la musique.

Swanny : J’ai pas vraiment eu de déclic, j’ai toujours fait de la musique sans en faire mon métier. Du coup il y a juste un jour où je me suis dit : Ah mais je suis intermittente, et je gagne de l’argent et je rempli mon frigo grâce à ça, du coup c’est devenu en fait mon métier. J’ai réussi un truc que je n’imaginais au final même pas.

Julien : J’ai acheté un Steak avec ma batterie !

Swanny : C’est ça ! J’ai voyagé grâce à ma batterie, j’ai fais des truc très cool grâce à la batterie…

Paul : Et là je vais faire un break et pouf, un gigot dans le frigo !

Swanny : Donc oui, je pense que mon déclic a été grâce à Pole emploi qui m’a dit : et voilà, tu as ton intermittence !

Julien : De mon côté, quand j’avais 7 ans, quelqu’un a sonné chez moi, c’était Bon Scott. Il m’a dit : Tiens, voilà une guitare et dans trois ans on montera un groupe ensemble. Malheureusement, il est mort entre temps et ça s’est jamais fait ! (pour la vraie histoire de Julien, elle est dispo dans la précédente interview).

Parlons concert maintenant. Est-ce que vous fonctionnez avec un concert similaire chaque soir, ou quelque chose de plus improvisé comme un Jack White ?

Julien : Un mélange des deux en fait. On a une setlist pour se souvenir des morceaux que l’on sait jouer et en fait j’ai ramené la même à chaque concert, et on rajoute des trucs dessus au fur et à mesure.

Paul : En fait entre chaque chanson, on fait un band meeting de 3 secondes pour décider ce que l’on joue (ndlr. Non ils ne le font pas, ce serait beaucoup trop long)

Julien : On commence à avoir en plus un bon petit nombre de reprises donc on est comme cela entre les deux.

Paul : Par rapport à cela j’avais lu un jour un livre sur Franck Zappa…

Julien : Moi aussi j’ai été puceau longtemps… (rires)

Paul : Dans ce bouquin, il parle justement des lives et il réserve toujours des parties de concerts à l’impro pour que chaque personne du public soit consciente qu’il vit un moment unique. Le fait de changer la setlist permet notamment ça.

Dernière question ! Quel votre dernier coup de cœur musical ?

Julien : Il y en a deux ! Il y a le dernier album de Vampire Weekend, Father of the Bride, que j’ai trouvé très bien arrangé, composé et très beau. Et le nouveau Kverlertak qui est vraiment très bien sur les premières écoutes.

Paul : J’en ai deux aussi. Le premier c’est un album de P!nk qui s’appelle The Truth about Love qui est en fait du punk rock que j’adore…

Swanny : Il est amoureux de la bassiste en fait !

Paul : Mais non ! En fait, la bassiste, Eva Gardner, j’aime beaucoup sa philosophie de basse. Un moment j’ai regardé un live pour voir si j’aimais la musique. j’ai vu alors p!nk qui sautait partout et faisait des cabrioles et je me suis dit que c’était plutôt cool ! J’ai acheté l’album qui est plutôt sympa. Et en ce moment je me farcis un des lives de James Brown à l’apollo Theater où je tourne en boucle les morceaux pour relever les basses qui sont différentes de l’album. Et je crois que les lignes de basse de James Brown est une grosse saloperie. Et mon coup de cœur est également Destroyer de Kiss, pour les même raisons. C’est d’ailleurs fou que Gene Simmons ne soit pas plus reconnu pour sa qualité de bassiste, même si il fait peur et qu’il annonce de but en blanc qu’il veut de l’argent.

Swanny : Et bien moi je n’écoute rien de nouveau car je trouve que tout est chiant ! J’écoute que des vieux trucs. J’étais d’ailleurs un peu à la bourre donc je rattrape le dernier album de David Bowie (Blackstar). Je m’y mets petit à petit, morceau par morceau.

Julien : Et a priori tu as le temps avant que le prochain sorte.

Swanny : Oui voilà ! C’est un morceau vraiment intéressant, notamment via le batteur de cet album, Marc Guiliana. Pour l’instant mon cerveau fait pas encore le lien entre tout les aspects.

Un grand merci à la joyeuse bande de trublions de Julien Bitoun & The Angels ! Étant donné que à l’heure où nous sortons ces lignes, nous nous trouvons en plein confinement, on espère pouvoir vous donner rendez-vous au mois de Mai pour voir le groupe en tournée !

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