Critique du placard : Charlotte à 17 ans de Sophie Lorain

Le cinéma s’est depuis toujours passionné pour l’adolescence, que ce soit via des comédie souvent appelés teen movie (Supergrave ou encore Ferris Bueller) ou avec un axe plus dramatique, sous nommés coming of age films (Le Monde de Charlie ou La Fureur de Vivre). Charlotte à 17 ans rentre dans cette catégorie.

Charlotte à 17 ans est un film québecois réalisé par Sophie Lorain. Sorti initialement sous le titre Charlotte à du fun, le film a pris une année pour arrivée dans nos contrée, grâce au distributeur Les Valseurs, à qui l’on doit la production du court métrage Vilaine Fille, un de nos coup de cœur de l’édition 2018 du Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand. Le film est depuis le 12 juin dernier en salle dans un circuit court sur une 30ne de salle.

Charlotte est en secondaire, et s’est faite quitté par son cheum qui s’avérait être homosexuel. Elle décide avec ses amies de travailler dans un magasin de jouet car y a plein de boys permettant aux filles de se refaire une petite santé sentimentale… et sexuelle.

Avec Charlotte à 17 ans, Sophie Lorain réussi à proposer une chronique sentimentale passionnante sur l’adolescence québecoise. L’utilisation tout d’abord du noir et blanc donne un aspect véritablement intemporel. Quoi de plus intemporel que de traiter également du développement de sa sexualité, de sa sensibilité, mais aussi du sentiment amoureux et de la libération de soi ?

Difficile de ne pas mentionner Leto qui, propose des thématiques au final assez similaire, notamment concernant tout cet aspect de quête de liberté, dans Leto à un degré un peu plus littéral que dans Charlotte à 17 ans. Bien entendu, si vous n’avez pas encore vu Leto, foncez le voir, c’est un des plus grand coming of age film fait depuis une dizaine d’année, un des meilleurs films musical de ces dernières années et une œuvre d’ores et déjà marquante sur l’URSS du début des années 80.

Si les poncifs du genre utilisent le lycée comme cadre de l’ensemble des péripéties, souvent utilisé comme d’un lieu des limites et frustrations adulescente, Charlotte à 17 ans décide de passer outre tout cet aspect pour utiliser ce magasin de jouets comme cadre principal, un cadre d’amusement, de libération, d’évolution et de questionnements au niveau des relations hommes-femmes. Il y a toute une scène retournant le classique cliché du groupe de mec qui bois un verre dans un bar. C’est d’ailleurs toute cette mise en scène mise en place qui est à la fois dynamique mais aussi inventive, montrant assez brillamment les émotions des différents personnages. Difficile de ne pas y voir ici un héritage de la réalisation ludique d’un John Hughes, qui maniait si bien également le portrait d’une adolescence se cherchant.

Clairement féministe, le film arrive a traiter de façon très intelligente des différents sujets notamment sociétaux. Toute l’écriture et les dialogues sont fait avec finesse, humour mais avec toujours un fond. Tout est bien entendu sublimé par l’excellente interprétation de l’ensemble du cast. Marguerite Bouchard explose et illumine la pellicule avec force. Ses comparses, Romane Denis et Rose Adams, incarne des personnages tout aussi forts et important dans l’équilibre de ce film.

On ressort à la fin du film un peu grandit, sous le charme de cette petite comédie québecoise au final assez unique où l’on en ressort un peu grandit en se disant que au final, on a qu’une fois 17 ans.

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