Critique sur Platine : Stupor Machine de Eiffel

Alors que Romain Humeau sortait il y a une année l’excellent Mousquetaire #2, Eiffel est de retour avec Stupor Machine, un album entre retour au source et évolution.

Eiffel fait parti de ces groupes faisant parti du paysage rock en France dont, dès qu’un nouvel album sort ou un concert est annoncé, nous ne pouvons nous empêcher de répondre à l’évènement. Que ce soit avec l’ultra rock Tandoori ou le très engagé A Tout moment, difficile de ne pas tomber dedans, tel une marmite potion magique. Nous en parlions déjà à l’occasion de Mousquetaire #2, mais Eiffel fait parti de ces claques prises en concert il y a déjà dix ans maintenant. Mais il est aujourd’hui question de Stupor Machine, arrivant 7 années après Foule Monstre. Sept années, durant lesquelles le groupe a eu le temps de tomber dans leur envies personnelles et projets collaboratifs. Mais tout comme une famille, Eiffel a toujours travaillé ensemble et se retrouve donc ici autour de leur nouvel enfant.

Un heureux évènement, qui débute par le très rock Big Data. Dès les premières secondes, nous retrouvons cette identité du groupe : un très gros riff de guitare, la mise en avant de la voix de Romain Humeau, cette batterie présente et puissante, sans oublier cette basse venant ici appuyer la guitare et créer ce liant entre tout les éléments musicaux. Big Data met en exergue la première thématique de l’album, une anticipation résonnant avec notre monde actuel, tel des films comme Brazil de Terry Gilliam (référence du groupe, évidemment). Cette référence au cinéma de science-fiction britannique, Cascade le met également en avant avec ce monde déshumanisé, avec cette touche kafkaïenne, avec les paroles très imagée de cascades humaines et oreilles connectées. en parlant de cinéma et de littérature d’ailleurs, Manchurian Candidate, troisième titre de l’album, en est directement inspirée, en étant carrément une adaptation en chanson de la nouvelle de Richard Condon et de l’adaptation filmique de John Franckenheimer.

On peut voir ici que si ce début d’album sonne tel les débuts du groupe, la narration, au travers des paroles, est belle et bien différente. Plus développé dans son ensemble, elle propose ici une vision pessimiste du monde actuel, ainsi que la peur de l’avenir. Vers où partons-nous, vers quel univers souhaitons nous évoluer et vivre aujourd’hui ? Ces questionnements sont ici obsession sur les trois chansons, à en devenir pesant, suffoquant. C’est donc avec Chasse Spleen qu’Eiffel vient ici donner ce moment de respiration. Ballade où l’amour est la thématique principale, avec on peut voir ici la volonté de faire un morceau universel, avec simplicité et naïveté. On reste dans le rock d’Eiffel, dans leur inspirations américaines (comme on peut le voir avec cette grosse sonorités de slide), mais ici la volonté est vraiment, comme il est dit dans le titre, de chasser le mauvais sentiment.

 » N’aie rien à craindre m’est d’ailleurs venu le triste jour du départ de Bowie, puis en écoutant BlackStar… et notamment I can’t give everything away qui me retourne. » Romain Humeau, à propos de N’aie rien à craindre.

 

C’est durant tout l’ensemble de cette machine mise en place par le groupe que nous allons naviguer entre un rock en français et ballades. Que ce soit sur le très efficace N’ai rien a craindre et inspiré par notre dieu à tous,  David Bowie ; ou encore Hôtel Borgne qu’un Enki Bilal n’aurait pas renié dans son Bunker palace hôtel. Comme une véritable mise a jour, Oui est cette suite quasiment directe à A tout moment la rue… . Ce « Désespéré » crié et scandé est l’image parfaite de ce morceau, retranscrivant le sentiment du groupe face à cette situation actuelle insoutenable. Après le sautillant Chocho, La bande s’amuse dans Gravelines et Escampette à mélanger les langues en proposant deux riffs d’une efficacité imprenable. L’album se conclue avec ce Terminus. Un morceau étonnant par sa construction, débutant dans la plus grande sensibilité et fragilité de la dualité piano-voix. Une belle conclusion à un album aussi complexe que passionnant.


Mes coups de cœurs de l’album :

Cascade
Chasse Spleen
Hôtel Borgne
Oui
Terminus


Avec Stupor Machine, Eiffel est bel est bien de retour ! Un excellent album fait avec passion et sensibilité. On peut voir de part les thématiques traitées et leur exécution une maturité du groupe, nourris de leurs projets solos et collaboratif. Un album de rock en français à ne pas louper !

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