Critique en six cases : Snotgirl tome 1 de Brian Lee O’Malley

Et si vos blogueuses modes préférées ne sont au final pas ce que vous croyez ? Comment ça, vous croyez ce que vous lisez sur internet et ce que vous voyez sur Instagram ? Et bien vous allez réellement voir ce qu’il en est avec Snotgirl !

Brian Lee O’Malley fait partie de ces auteurs de comics indépendants qui a toujours proposé des histoires portées par de forts personnages. Si son Scott Pilgrim restera à tout jamais dans les annales, notamment par le portage sur grand écran de son personnage sous l’œil d’Edgar Wright, l’auteur a continué à proposer de nouveaux titres. Snotgirl, édité aux USA par Image Comics, est un comics indépendant écrit donc par Brian Lee O’Malley et illustré par Leslie Hung, dernière production actuelle de son auteur, tandis que du côté de Hung, c’est sa première œuvre.

Lottie Person a tout de la blogueuse mode parfaite : blog qui cartonne, sponsoring à foison, et même une stagiaire rien que pour elle. Une bonne grosse influenceuse en somme. Le souci chez elle, c’est quelle souffre de sévères allergies qui la met en pls et détruit tout son look. Entre ça, le changement de docteur, son ex qui se pavane avec une nouvelle copine, tout va mal pour Lottie. Mais tout cela va changer lorsqu’elle rencontrera une certaine Caroline, pour le meilleur… ou comme pour le pire.

Dès les premières planches, nous nous retrouvons véritablement dans la vie de Lottie. C’est la grande force d’écriture de Brian Lee O’Malley, cette capacité de décrire des personnages et de les rendre véritablement humain, de part leur relations également. On se prend très rapidement dans le cerveau de cette influenceuse. Si l’égoïsme et la superficialité est ici de mise, c’est pour cacher un véritable sentiment de solitude et de paranoïa. Et concernant tout cet aspect, Brian Lee O’Malley, mais surtout Leslie Hung, l’ont très bien compris ! C’est une des principales forces de ce premier volume, cette capacité grâce aux traits de l’artiste, à mettre en scène le malêtre et la façade de nos personnages. Le monde dans lequel Lottie vit semble être une version totalement fantasmée de notre monde actuel, où même l’ensemble des forces de polices sont vêtu de costumes de grand couturiers. De façon plus globale, l’histoire de Snotgirl est plutôt réussie. le tome se conclut d’ailleurs par un cliffhanger plutôt sympathique, nous donnant envie de lire immédiatement la suite.

L’idée visuelle de Snotgirl, c’est celle de jouer avec des palettes de couleurs qui évoluent de cases en cases. En fonction des émotions, on va se retrouver sur une planche qui va rougir petit à petit avant d’éclater, où tout les autres personnages ne sont plus que des ombres pour nous lecteurs, comme pour Lottie. Il y a également ce sentiment d’urgence que l’on retrouve dès que notre personnage vit une situation critique qui est parfaitement retranscrit. Dommage cependant que la mise en page des planches reste pour le coup plutôt classique. Il manque un peu ce petit grain supplémentaire dans la conception qui aurait rendu l’ensemble encore plus intéressant. D’autant plus que par le passé, Brian Lee O’Malley nous a prouvé la maîtrise de son médium avec Scott Pilgrim et cette capacité à bouleverser les codes du comics traditionnel. C’est dommage d’autant plus qu’il y avait énormément à faire de ce côté là, en réutilisant par exemple les aspect blog ou instagram sur une planche en proposant vraiment une coupe dans l’aspect très traditionnel de la mise en page des planches.

En terme de style pur, le trait de Leslie Hun est assez précis et montre dans cette première œuvre un énorme talent. On peut ressentir dans la construction de ses cases une inspiration du côté des shojo par une quasi absence à d’arrière plan. Ce que nous devons suivre sont les protagonistes et c’est tout. Si cela fait que l’on ne retournera pas vers ce tome en priorité pour un aspect redécouverte visuelle, on se plait à parcourir l’ensemble des planches, notamment pour l’équilibre entre simplicité, exubérance et élégance. L’aspect exubérant étant principalement poussé par les look et tenues des personnages.

Au final, ce premier tome de Snotgirl est une belle réussite. Sans aller crier au génie comme nous avons pu le dire pour Scott Pilgrim par exemple, nous avons plutôt accroché à cette histoire et à ces personnages. Il ne nous reste plus qu’à attendre la suite ! On espère que la suite nous réservera de belles surprises scénaristiques mais aussi visuelle et en terme de mise en page.

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