Réac’ polémique : Les remises de prix, Netflix et le cinéma

Depuis la démocratisation de la SVOD et notamment de Netflix, le monde du cinéma (plus que celui de la série) s’est retrouvé tout chamboulé et tout perdu. En cause, le grand nouveau méchant du monde du cinéma ne se plie pas aux règles des parents et grand parents et fait de la résistance. On décortique ça un peu plus en détail.

Nouveau coup d’éclat ! Steven Spielberg, le cinéaste qui aime bien torturer devant la caméra des enfants (si si, revoyez la liste de schindler ou Indiana Jones et Le Temple Maudit), à lâché une petite bombe à l’encontre de Netflix et des prix raflé par le Roma de Alfonso Cuaron. Le monsieur, un peu salé d’être reparti bredouille que ce soit en terme de nomination et de prix pour Ready Player One (pourtant bien moins fou que son très bon Pentagon Papers), critique la plateforme ET le producteur pour avoir créé ses propres règles, différentes de la concurrence. Ce n’est d’ailleurs pas le premier ni le dernier à montrer les griffes au géant de la SVOD, de nombreux s’y sont essayés, on ne parlera d’ailleurs pas du festival de Cannes qui a décidé de ne pas récompenser Okja, pourtant nommé, avant de bannir le producteur jusqu’à nouvel ordre.

Mais, comme nous l’écrivons juste précédemment, il y a bien deux Netflix. Et il serait temps d’arrêter de les confondre et de les distinguer !

Il y a tout d’abord le Netflix en tant que plateforme diffuseurs de court métrage, séries et films. Ce Netflix là, est ici pour permettre aux 190 pays un catalogue dit tiers (venant de production et distribution externe au service) le plus dense au monde. Ce Netflix là, il se bataille pour que l’on puisse profiter par exemple de la trilogie Jason Bourne, de Jurassic Park ou encore prochainement de Neon Genesis Evangelion. Concernant ce Netflix, il est régit principalement par des contrats de diffusion, d’une durée définie dans le contrat, permettant aux abonnés d’un nombre de pays défini de pouvoir bénéficier avec leur abonnement, d’un accès à ce produit culturel, c’est comme ça que l’on se retrouve par exemple avec des programmes arrivant tout les jours, mais d’autre quittant la plateforme (dites au revoir à la fin du mois à Cowboy Bebop). Pour le coup si ce Netflix là constitue un argument de poids pour nombre de son audience, il est également régit par certaines lois qui l’handicapent. Du côté de la France, Netflix souffre notamment de la fameuse Chronologie des médias, obligeant une diffusion web d’un film 36 mois après sa sortie cinéma, contre seulement quelques semaines aux États-Unis. Ce Netflix là, est donc en constante bataille avec les contrats et les lois régis dans chaque pays. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que Netflix a commencé en tant que service de location de DVD aux États-Unis.

Un film ne se résume pas à son expérience vécue dans une salle de cinéma mais en la qualité intrinsèque de lui-même, quelque soit le support de visionnage.

Le second Netflix, c’est le producteur de contenu. Ce Netflix là va produire, réaliser et promouvoir séries et films afin de proposer du contenu original régulier sur la plateforme pour les 190 pays pouvant bénéficier du service. Si nous avons notamment connu en France la plateforme, c’est grâce à ses séries originales tel que House of Cards (diffusée d’ailleurs d’abord sur Canal+) ou Orange is the New Black. Mais depuis un peu moins longtemps, la volonté de Netflix à été de s’étendre également à la production de contenus filmiques sous la forme de longs métrages. Okja de Bong Joon-Ho, Roma de Alfonso Cuaron ou encore prochainement The Irishman de Martin Scorcese. Si nous vous avons cité ici de grand réalisateurs, c’est car une des volonté de la compagnie est de proposer une alternative aux créateurs de pouvoir réaliser un film refusé des traditionnelles boites de production. Bien entendu, il y a une pelleté de films, dont la qualité varie également. Mais cela reste tout à fait normal pour une boite de production.

Et c’est précisément sur cet aspect de la plateforme qu’il y a débat actuellement. Si nous savons que Spielberg a été quelque peu déçu par Netflix, notamment car la plateforme propose une production de qualité mais avec un certain contrôle (comme n’importe quelle boite de production), pourquoi partir dans une véritable croisade ? La raison est au final assez simple, et montre la véritable crainte de l’évolution du cinéma et de la disparition des boites de productions traditionnelles. Une crainte similaire à celle de certains cinéaste avec l’évolution des séries télévisées et son passage au feuilleton moderne, lancée par un certain David Lynch. Mais là où la polémique devient drôle, c’est quand on cherche un peu du côté de Mr Steven « 3 Oscars » Spielberg. Chose à ne pas oublier, le réalisateur possède une boite de production, Amblin, qui à notamment produit cette année le prix du meilleur film aux oscars 2018 : Green Book de Peter Farrelly. Mais en dehors de ce prix là et du meilleur second rôle pour Mahershala Ali, il s’est fait selon les dires fait piqué tout les prix par le Netflixien Roma de Alfonso Cuaron. Tout cela donc au point où Le réalisateur de Jaws a demandé à l’académie des oscars d’interdire les productions du service à parti de l’an prochain.

Voici d’ailleurs quasiment texto les reproches envers Netflix, cités par Allociné. Il est reproché au service de :

  • Trop de marketing autour de leur productions effacent la concurrence.
  • La diffusion des films estampillés Netflix au cinéma sont jugés insuffisants, que ce soit dans le nombre de salles ou le temps de diffusion
  • Non respect aux USA des 90 jours entre la diffusion cinéma et la mise à disposition en streaming
  • L’ensemble des productions Netflix partout, tout le temps.

Comme vous pouvez le voir, il est en réalité ici reproché principalement à Netflix… d’être une compagnie américaine en fait ! Mais ne croyez pas que Mr. Indiana Jones ne parte dans cette croisade sans arrière pensée… Car oui, il y a déjà sa boite de production Amblin comme nous vous l’avons cité plus haut, mais ce que le monsieur ne dit pas, c’est qu’il est en préparation pour la série Amazing Stories prévue… pour le concurrent SVOD made by Apple ! Il est pas bête le Stevie ! On tape sur la concurrence sans trop montrer son drapeau, d’autant plus qu’on est toujours en droit de se demander si ce service arrivera à un jour, vu le rouleau compresseur Disney arrivant de loin.

Au final, on se retrouve face à une polémique qui reste simplement un discours de peur face à l’évolution de la consommation que l’on a d’un film. Netflix permet à des cinéastes de pouvoir s’exprimer, proposant une visibilité unique. C’est quelque chose qui reste, si on lorgne du côté de Spielberg, difficile à comprendre lorsque n’importe quelle maison de production propose des budgets faramineux et cartes blanches à des réalisateurs de sa trempe afin d’avoir le cacheton « Film de » quelque soit la qualité finale. Hollywood est aujourd’hui dans une période où les blockbuster priment d’abord, et comme on peut le voir, ce n’est au final pas Netflix qui va dans cette course, préférant créer des films qui seront plus proche d’un festival indépendant de Sundance par exemple.

Tout ce que l’on peut retenir au final ici, c’est que la démocratisation mondiale de Netflix et de la SVOD en général est une véritable évolution dans le domaine du divertissement audiovisuel. Il y a, pour les anciennes générations, une volonté de défendre son bout de gras, mais également de mettre en place une réglementation autour. Ce qui reste dommage dans notre cercle franco-français au final, c’est que l’actuelle Chronologie des médias ne permettent pas aux productions Netflix d’être vues dans des salles faiblement éclairées. C’est dommage car on aurait mis plus d’une fois nos piécette pour voir de tel film sur grand écran.

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