Au Coeur des festivals : Hippocampus Festival #19

Véritable mise en jambe de l’année, nous nous sommes rendus au festival Hippocampus à Clermont-Ferrand. Un festival étudiant d’une durée de deux jours avec une programmation plutôt alléchante, entre reggae et hip-hop, où l’on retrouve en têtes d’affiche le chanteur Naâman et le rappeur Demi-Portion.

Parmi l’ensemble des festivals que l’équipe de Danger Zone a suivi, pas mal de festivals prennent le temps de nous accueillir comme il se doit. Pourtant, à Hippocampus, que ce soit par sa dimension humaine ou son équipe de bénévoles motivés, on s’est senti à la maison. On vous parlera d’ailleurs très prochainement des coulisses de ce festival mais aujourd’hui, la musique sera au centre des préoccupations ! Avec six artistes programmés sur deux journées, le festival Hippocampus ne s’éparpille pas dans sa programmation, et reste dans son axe de programmation : des artistes locaux, en développement et tête d’affiche. Pour les genres musicaux, l’équipe se concentre sur les coup de cœur de l’organisation et des étudiants, cible première du festival. Cette année, pour la 19e édition, l’organisation nous a proposé deux soirées : une première du côté reggae, et une seconde orientée hip-hop. A mentionner également que le festival propose chaque année le « before hippo’camp », une soirée gratuite ayant pour objectif de mettre en avant les associations étudiantes locales.

Dès le vendredi, le festival s’inaugure musicalement après une première soirée « before » Pour un véritable instant de convivialité et de partage, valeurs au combien importantes pour le festival, c’est l’Ensemble National de Reggae qui entre, non pas sur scène mais sur l’herbe, pour un concert impromptu permettant d’emmener le public sous le chapiteau. Reprenant des grands classiques du reggae, la fanfare s’amuse avec le public, afin de le chauffer au mieux pour la soirée qui l’attend. Le groupe reviendra d’ailleurs entre Wailing Trees et Naâman pour rechauffer et faire patienter le public, au point de transformer le chapiteau en vrai dancefloor chantant au son de Three Little Birds de Bob Marley.

Mais le premier concert que l’on attendait véritablement, c’était Wailing Trees. Le groupe lyonnais est arrivé sur la scène du chapiteau pour défendre son album Change We Need, sorti en 2017. Le groupe, composé de pas moins de sept musiciens, a proposé un show d’une justesse et d’un groove implacable. Véritable coup de cœur en ce début de période estivale, le groupe alterne avec perfection parties instrumentales et chantées, influencé par des groupes tel que Groundation (ils ont d’ailleurs par le passé tapé le bœuf ensemble). Mention spéciale au combo basse-batterie d’une qualité monstre, passant de rythmes reggae à jazz avec une mise en place foudroyante. Visuellement, le groupe reste sobre et utilise un triptyque de triangle lumineux pour mettre en avant le groupe. Le concert prône la variété et la multiplicité des genres, passant du reggae au ska en passant même par la soul. On peut d’ailleurs noter que le son sous le chapiteau est de très bonne qualité, cela fait plaisir dans un festival à taille humaine de voir que la volonté d’une réelle qualité est importante. Wailing Trees est clairement un groupe à suivre et à voir sur scène.

Après un changement de plateau, Naâman monte sur scène. Alors en pleine tournée de son dernier album Beyond, le dieppois est de retour sur la scène du Chapiteau pour faire le show ! Armé de son groupe l’accompagnant depuis maintenant quelques année, Naâman déroule et impressionne dès les premiers instants. Cela fait longtemps qu’ici on avait pas vu le normand sur scène et depuis ses premiers pas sur des scènes comme le 106 à rouen en 2013, un pas a été franchi ! Le concert est pour le coup vraiment sympathique et même si sur un point de vue strictement personnel, nous sommes moins fan du reggae que propose Naâman en comparaison de Wailing Trees, on ne peut que reconnaître la qualité du show. Une véritable communication avec le public se met en place d’ailleurs dès le début du concert. Ce partage est immédiat car on se retrouve devant une bande de pote, jouant sur scène pour el plaisir Le public, autant étudiant que familial, est présent sous le chapiteau et dansera et chantera au rythme du concert et des morceaux. Après un passage acoustique plutôt sympathique, Naâman et sa bande reviendront sur scène à l’occasion d’un petit rappel, le temps d’enflammer le public et de profiter d’un petit bain de foule. Une belle manière de conclure cette première soirée réussie !

Changement d’ambiance pour cette seconde soirée. Malgré la finale de la Chamions League, le public est tout de même présent pour assister à cette journée estampillée Hip-Hop. Pour débuter, nous retrouvons sur scène le duo Apollo et Scryss. Un premier set sous le signe d’un rap pour le coup plutôt classique, utilisant des beats et instrus plutôt actuels. Après une première partie de Romeo Elvis à la coopérative de Mai, le duo accompagné de Symbiose aux platines déroule un set issu de leur premier EP, 24/7. Une formation à suivre avec attention.

Pour la suite de la soirée, c’est du côté de la Belgique, et plus précisément de la scène bruxelloise que nous allons retrouver le flow de L’Or du Commun. collectif né en 2012 dans la capitale belge, L’Or du Commun propose un hip-hop qui renverse tel un rouleau compresseur. Avec le flow imparable des 4 mc’s, le collectif propose un set pour le coup ultra efficace, prouvant une fois de plus que la scène belge est devenue un vrai eldorado de découverte en terme de rap et de hip-hop. Le groupe va ainsi dérouler un set plutôt varié, proposant autant d’anciens morceaux que de tout nouveaux tracks pas encore sortis, augurant du meilleur concernant leur prochain effort musical à paraître à l’automne. Le public répondra pour le coup présent et le collectif invitera d’ailleurs le public à « pogoter » pendant plusieurs tracks. (ndlr. le terme pogoter dans le rap est équivalent à un wall of Death dans le metal).

Mais la tête d’affiche que tout le public de Hippocampus attendait en cette fin de soirée, c’était Demi Portion. Rappeur de Sète depuis un bon bout de temps, Demi P est considéré comme le véritable « petit frère » d’une bonne partie des grand noms du milieu du rap. La liste est longue : Iam, Oxmo Pucchino, Kery James… Tous se sont prêtés au long de la carrière de Demi Portion au jeu du featuring. Aujourd’hui en pleine promotion de son dernier et excellent album Super Héros, le Sétois arrive sous le chapiteau accompagné de ses frères d’armes comme toujours. Venu sur scène présenter son cinquième album, Rachid Daif (de son vrai nom) s’amuse également à revenir sur des vieux titres appréciés par les fans. Humble comme toujours, le « Petit bonhomme » se fait au final plutôt discret pour mettre en avant ses comparses de toujours dont DJ Rolex qui nous régalera d’un solo de pad. Aller à un concert de Demi Portion, c’est clairement se préparer à recevoir du baume au coeur. Que ce soit par les instrus, ou le flow du duo, on profite à chaque moment et cela fait du bien d’assister à une telle prestation, avec des textes si beaux et engagés (écoutez 2 comme chez moi). Un grand moment pour un grand rappeur qui est resté indépendant depuis 1996.

C’est tout pour notre report de la 19e de Hippocampus Festival. Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir l’envers du décor de ce festival étudiant réussi !

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