La 40e du festival du court métrage en coups de coeur !

Cette année, le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand fêtait sa 40e édition ! On vous parle ici de nos coup de cœur de cette semaine riche en images.

Si il y a bien une facette du cinéma qui est sous représentée (en France tout du moins) c’est bien le court métrage. Pourtant proposé en amont de long métrage au cinéma jusque dans les années 70-80, le format a perdu en diffusion et en visibilité au fil des années. Le festival du court métrage, né à la fin des années 70 avait pour premier but cette remise en valeur du court métrage pour devenir aujourd’hui le plus grand festival mondial de la catégorie.

Aujourd’hui, ce n’est pas moins de 8220 courts métrages diffusés entre le festival et le marché du court métrage, dont 154 en compétition. La compétition est d’ailleurs divisée en trois catégories principales : Internationale, Nationale et Labo. J’ai, lors de mes quelques jours de disponibilité, vu au final 75 courts métrages dont 54 faisant parti de ces trois compétitions. Mon but était d’avoir un aperçu global des compétitions, afin de pouvoir vous proposer un petit tour d’horizon de mes coups de cœurs !

Hors Catégorie et Labo

Je me permets déjà une petite entorse à ce que je viens de dire plus haut car je n’ai eu la possibilité de ne voir qu’une seule séance de la compétition Labo. Il me semble donc impossible de pouvoir comparer avec d’autres films que je n’ai pour le coup pas vu. J’inscris donc les courts de Labo avec les autres séances hors compétition afin d’avoir un ensemble plus cohérent.

White Riot : London de Rubika Shah

On commence avec un très gros coup de cœur de ma part ! White Riot: London parle comme son nom l’indique, de Londres, dans un contexte spécial, celui des manifestation de 1977. 1977 c’est également l’année Punk, avec la création de nombreux fanzines et groupes qui ont révolutionné la musique. Le titre d’ailleurs fait appel à un des hymnes du punk ainsi que du concert Rock against Racism de 1978 : White Riot des Clash.

Le court métrage propose ainsi le point de vue de toute cette contre-culture, où l’immigration était à l’époque une question de société qui divisait totalement la société. Par le point de vue du documentaire, on parle de la situation actuelle, où l’Angleterre à voté pour le Brexit il y a tout juste un an. Un documentaire fort, mais un poil court. Croisons les doigts qu’un format plus long découle du succès en festival de White Riot: London.

Apprivoisé de Calypso Valois, réalisé par Bertrand Mandico

Il est toujours plaisant lors des différentes pérégrinations au festival de tomber sur des programmes changeant un peu des séances habituelles. Tout comme White Riot: London, Apprivoisé faisait ici parti du programme Décibels, deux séances du festivals mettant en avant le son et plus précisément la musique, notamment avec des clips comme celui-ci.

Calypso Valois, est tout d’abord le projet musical d’une fille de. La dame n’a d’ailleurs pas n’importe quels parents car elle est issu de l’amour du duo de musicien Jacno et Elli Medeiros. Son premier album, Cannibale, sorti l’an dernier, propose une sorte de pop retro 80, que l’on aimera ou détestera, mais qui possède de bonnes paroles, des mélodies catchy, et de terribles lignes de basses. Bertrand Mandico est quand à lui un réalisateur qui à un CV assez long. Un habitué des festivals de court métrage, avec Boro in the Box ou son premier long métrage, Les Garçons Sauvages qui sortira en salle le 28 février prochain.

Apprivoisé est pour le coup un clip que j’ai plutôt bien aimé, respectant à la fois le thème de l’album. L’esthétique du réalisateur est vraiment présente et permet de faire vivre ce morceau sous l’œil de sa caméra. C’est flashy, c’est chic, kitsch, sanglant et pour le coup réjouissant. Chose étonnante, le morceau utilisé ici à été remixé pour le clip, et notamment au niveau des basses qui ont été rehaussées. Je trouve d’ailleurs le mix plus intéressant sur le court métrage que sur l’album. Un clip vraiment sympa pour un morceau qui l’est autant !

Find Fix Finish de Sylvain Cruiziat et Mila Zhluktenko

La compétition Labo du festival est une véritable porte ouverte aux différentes expérimentations filmiques, où la forme comme le fond peuvent dérouter un public peu habitué. Sur un point de vue personnel, je n’ai assisté qu’à une seule séance, de par justement cet aspect où je ne me suis pas senti apte à comprendre le but et le sens derrière la démarche artistique des différents artistes. J’ai tout de même fait cette expérience d’aller à cette séance, où j’ai découvert Find Fix Finish. Le film prend le point de vue de trois drones militaires américains, chargés de montrer les opérations clandestines effectuées par le gouvernement américain.

Pour le coup, que ce soit la forme comme le fond, il y a une vraie puissance dans ce court. Le point de vue des drones est très fort car nous fait perdre totalement la notion d’espace et d’échelle, montrant ainsi comme une cible est traitée, au final comme un simple point sur une carte. Et c’est cette perte d’échelle humaine qui nous fait avoir une véritable prise de conscience par rapport à un tel sujet.

Compétition Nationale

On rentre maintenant dans le vif du sujet avec la compétition nationale, qui m’a pour le coup vraiment surpris par sa qualité ! Je ne m’attendais pas du tout à voir autant de variété, et si je n’ai pas eu le temps de voir l’ensemble de la compétition, j’ai été pour le coup vraiment convaincu par cette sélection !

La Naissance du monstre de Ludovic et Zoran Boukherma

Un des premiers coup de cœur de cette sélection est un court métrage… de genre ! Et oui, si le cinéma de genre est que trop peu présent dans nos salles faiblement éclairée, elle est pourtant plutôt présente dans le court métrage français. La Naissance du monstre parle de l’ennui, du mal être adolescent, et utilise de la meilleure des façons la métaphore du lou-garou pour en parler. Comme vous le verrez, je porte un affect tout particulier dès que l’on parle de passage à l’âge adulte, et La Naissance du monstre en fait clairement parti !

C’est plutôt drôle, bien écrit, sans grande prise de tête, mais avec une réalisation quand même un peu recherchée. Il faut dire que le duo n’en est pas à leur premier coup d’essai, et ils faisaient d’ailleurs parti du quatuor derrière l’excellent Willy 1er ! Le film d’ailleurs est une belle démonstration que l’on peut faire un court métrage par nous même, l’ensemble ayant été tourné sans aucune production, avec simplement des amis, un téléphone et des micros ! Le duo a d’ailleurs annoncer travailler sur un long métrage qui sera lui aussi de genre, ce qui est, pour le coup, vraiment réjouissant. Petite anecdote pour les amateurs de jeu vidéo et d’horreur, ce court métrage s’ouvre sur une citation… de Resident Evil VI !

Le Septième continent de Noé Debré

On continue avec un second court métrage issu de la même séance, se rapprochant plus quand à lui d’un film à suspens plus que d’un film de genre. Le Septième continent, c’est la course à la recherche d’une personne, déboulant sur un complot beaucoup plus gros que l’on peut y penser. L’ensemble est ainsi lié au septième continent, nom désignant l’amas de déchets plastiques existant dans l’océan pacifique. Le film mélange ainsi humour, dialogues décapants et trip hallucinogène digne d’un Last Vegas Parano ou d’un The Big Lebowski.

Une très belle réussite, portée par son réalisateur et son acteur principal. Noé Debré, réalisateur et scénariste du film, n’en est pas à son coup d’essai. Il est d’ailleurs le scénariste de la meilleure comédie de 2017, Problemos, et a également écrit l’excellent Dheepan. Thomas Blumenthal quand à lui porte de bout en bout le film, jouant parfaitement le rôle qui lui est donné ! Un acteur à suivre, d’autant qu’il a déjà eu l’occasion d’apparaître dans des films tel que Le Redoutable de Michel Hazanavicius ou La Crème de la crème de Kim Chapiron (que Noé Debré avait co-écrit).

Vilaine Fille de Ayce Kartal

Véritable coup de cœur tant public que jury, Vilaine fille a remporté le Grand Prix à l’occasion du festival. L’animation a toujours une place de choix au festival du court métrage, et une place particulière dans mon cœur. Vilaine Fille vous propose de rentrer dans la tête de S. , une jeune fille de huit ans, entre son amour des animaux, ses angoisses et ses souvenirs.

Ce court métrage d’animation possède une force impressionnante. Avec un trait original, une animation très dynamique, on rentre immédiatement dans l’histoire et dans l’histoire de cette petite fille. Je vous invite d’ailleurs à cliquer sur l’affiche, qui vous redirigera directement sur le court métrage, disponible en intégralité sur Arte. Je ne peux pas vraiment en parler car le ressenti est au final très personnel, et également très attaché à la fin du film lui-même. Allez donc voir cette perle, vous en ressortirez grandis !

Vihta de François Berry

Véritable coup de cœur personnel, partagé du jury qui l’a congratulé d’un prix spécial, Vihta est une véritable satire sociale comme on ne peut que les aimer. Le court métrage nous propose de suivre les employés d’une petite entreprise rachetée par le grand méchant grand groupe. Pour les accueillir, ils sont invité à passer une journée dans un centre thermal plutôt original. Je vous invite tout comme Vilaine Fille à cliquer pour découvrir le court métrage sur Arte car il vaut vraiment le coup.

Drôle, bien écrit, intelligent, on rit de bout en bout, tout en se disant que oui, c’est une chose qui est malheureusement beaucoup trop faite aujourd’hui dans le monde de l’entreprise. Car au delà de l’humour, le film nous questionne sur jusqu’où sommes nous prêt à aller pour conserver notre emploi.

Compétition Internationale

Passons maintenant à la compétition internationale, une sélection dont j’attendais énormément de films, et dont j’ai été surpris à tout moment. Au final, les coups de cœur si dessous arrivent à montrer tout ce que j’aime dans le cinéma.

Sirene de Zara Dwinger

Comme dit précédemment, je porte très haut dans mon cœur tout art qui touche à l’adolescence. Sirene fait clairement parti de cette thématique et m’a particulièrement touché, de par la sincérité du propos. L’histoire est celle de la rencontre entre deux adolescents, une rencontre qui permettra aux personnages de grandir et de devenir un peu plus ce qu’ils sont réellement.

Image travaillée, cast efficace, cette histoire de recherche de sexualité alors en plein adolescence m’a convaincu et plu. Mention spéciale au duo incarné par Thor Braun et Olivia Lonsdale qui offrent à eux deux une véritable performance de qualité, donnant toute sa réussite au court métrage.

Abu Adnan de Sylvia Le Fanu

Le drame est un genre filmique qui a toujours eu une place de choix, que ce soit dans le court comme dans le long métrage. Abu Adnan prend le parti de ne jamais tomber dans le mélodrame. Ici on ne veut à aucun moment faire pleurer le public, mais simplement l’émouvoir. L’histoire traite de l’immigration et de l’intégration dans un nouveau pays sans jamais tomber dans la facilité et dans la caricature. La réalisation est simple mais efficace, le but est de véritablement mettre en image le discours du film.

La force de ce court métrage, c’est la volonté de montrer au travers de cette famille monoparentale les aléas de l’intégration dans un pays d’Europe. Du choc culturel à la difficulté de la langue, le court métrage peint d’une très belle façon cette complicité entre un père et son fils, tout en montrant également les difficultés de chacun pour s’intégrer dans leur espace (celui de l’école pour le fils, et son travail et ses cours de langue pour le père). Une vraie belle réussite très touchante et sans aucun jugement, ce qui fait un bien fou !

Weekends de Trevor Jimenez

Second film d’animation de ma sélection, Weekends a été un gros coup de cœur pour moi. Prenant le parti pris de n’avoir aucun dialogue, tout se joue sur l’animation et la musique. Weekends nous met dans la peau d’un petit garçon de huit ans, se retrouvant à alterner sa vie entre ses deux parents. On se retrouve entre sa vie, ses rêves et angoisses. A noter que la musique de ce court métrage là n’est pas constitué de compositions originales, mais d’une bande son que j’appelle utilisée, avec des morceaux de Erik Satie, Youth Lagoon ou encore le fameux morceau Money for Nothing de Dire Straits avec son riff qui me fait immédiatement bouger la tête !

J’ai beaucoup aimé cette volonté de mettre en rêves les différentes émotions et peurs de l’enfant. Le concept même de rêve amène à tout cet aspect que même dans nos émotions, il y a toujours une petite part irrationalité. Il est d’ailleurs intéressant de savoir que Weekends est l’œuvre de Trevor Jimenez, Story Artist chez Pixar. Épaulé par une équipe constitué de personnes travaillant au sein de Pixar ou en dehors, le résultat fait vraiment plaisir à la rétine. Avec un trait qui pourrait sembler assez simple et minimaliste, l’équipe a su donner un véritable sens du détail, permettant de placer son récit dans son époque (les années 80) et ceci sans appuyer ou mettre en avant des easter eggs à foison. Grâce à sa musique, à certains objets du quotidien, l’ancrage est pour le coup totalement logique et ne semble jamais forcé ! Une belle réussite !

Lost Face de Sean Meehan

Ce qui m’a toujours impressionné dans le cinéma, c’est sa capacité à retranscrire de façon réaliste une époque, même ancienne. Lost Face fait parti de ce cinéma là en plaçant son récit au Canada dans la région du Yukon (Nord-Ouest du pays), où les tribus amérindiennes locales tentent de survivre face aux envahisseurs européens. L’histoire de ce court est celle d’un de ces envahisseurs qui, pour tenter de sauver sa peau, propose au chef de la tribu, une potion qui pourrait le invincible.

Lost Face est une très belle réussite. De par son ambiance tout d’abord, avec un soin tout particulier sur le respect et la retranscription de l’époque. Que ce soit par rapport au lieu, au maquillage, aux costume, tout semble vraisemblable, et c’est assez impressionnant de voir ça dans un court métrage ! La violence dans le film est également un vecteur de réalisme. En effet, à cette époque, les affrontements étaient violent, et il était très important de marquer ses ennemis. Les tribus devaient montrer qu’elle ne craignaient pas la mort ni leurs ennemis, et tout cet aspect là est très bien mis en valeur.

C’est tout pour mes coups de cœur concernant la 40e du festival du court métrage de Clermont-Ferrand ! Il y a bien entendu encore beaucoup de court que j’ai énormément apprécié, mais j’espère que la sélection vous plaira et vous donnera envie de découvrir de nombreux courts métrages ! Je vous donne quand à moi rendez-vous bientôt sur Danger Zone !

 

Bonus : pour voir l’ensemble du palmarès de cette 40e édition, c’est par ici que ça se passe.
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