Critique du placard : Coco. Que vaux le dernier Pixar?

L’arrivée d’un nouveau Pixar reste pour moi un événement toujours particulier. De plus, ce nouveau film du studio traite de mon thème de prédilection, comme vous avez déjà pu le voir ici : la musique. C’est comment Coco alors?

L’approche des fêtes de Noël est le plus souvent synonymes de sorties de gros films attendus en salle. La semaine prochaine verra l’arrivée en salle du nouveau film d’Alain Chabat et de la suite de Paddington, tandis que la semaine d’après verra l’arrivée d’un film que j’attend tout les ans désormais : le nouveau Star Wars ! Mais nous sommes ici pour le nouveau film d’animation du studio Pixar : Coco.

J’ai toujours eu une relation particulière avec les films du studio Pixar. J’ai été effrayé enfant de Toy Story premier du nom avec ses jouets recomposés (pourtant une des idées géniales du film) pour être capable aujourd’hui de verser ma petite larme en voyant Toy Story 3 pour la dixième fois. Mais si il y a bien eu un réalisateur dans le studio qui a su toujours me proposer ce petit truc en plus me faisant chavirer pour ses films, c’est Lee Unkrich.

On se souvient au final peu des réalisateur de film d’animation, car ils sont au final assez peu mis en avant. Il y a toujours des exceptions à la règle, comme Brad Bird ou Henry Selick, mais si je vous demande le réalisateur de la Princesse et la Grenouille du studio Disney, vous serez peut être incapable de vous en rappeler, et c’est normal. La volonté d’un studio d’animation est de faire entrer dans vos têtes le nom du studio pour caractériser ses productions. On ira donc maintenant et naturellement dire : « Je vais voir le nouveau Disney/Pixar/Dreamworks » alors que l’on dira sur du cinéma dit live : « Je vais voir le nouveau Tarantino/Scorcese/De Palma ».

Mais revenons à nos guitares. Lee Unkrich est à l’origine un monteur du studio, connu pour avoir monté Toy Story, 1001 Pattes ou encore Monstre et Cie. C’est à l’époque de Monstre et Cie. et Toy Story 2 qu’il commence à toucher un peu à la réalisation, en signant de sa pattes quelques séquences de ces-dit films. ce sera avec Toy Story 3 que le monsieur signera alors son premier film en tant que réalisateur. Coco est donc son deuxième film en tant que réalisateur à part entière d’un film. Il est d’ailleurs temps de refermer cette parenthèse, et de parler du film.

Coco est donc le second film du réalisateur Lee Unkrich et le 19e film du studio Pixar. En développement depuis 2010, le film a été annoncé par le studio en 2015 lors du D23, la convention officielle de Disney, annonçant donc une sortie du film pour 2017. A l’origine, le titre du film devait comprendre la phrase hispanique « Dia de Los Muertos » (le jour des morts) et Disney tenta de déposer la phrase en tant que marqué déposée, mais créa une véritable polémique auprès de la communauté mexicaine américaine. Le studio finit par abandonner l’idée pour le nommer Coco.

Coco est donc l’histoire de Miguel (à prononcer avec l’accent), un jeune de 12 ans qui est passionné pour une chose : la musique. Mais il est interdit dans sa famille de faire de la musique. Il rêve pourtant de devenir un grand guitariste, et voue même un culte au célèbre et grand Ernesto de la Cruz.

Qu’on se le dise tout de suite, la trame scénaristique de Coco est quand même assez critiquable. De très très grosses ficelles scénaristiques sont mises en place, efficaces, mais visibles pour peu que l’on y jette un regard un peu plus précis. Le film use et abuse de renversement de situations, assez téléphonées pour certaines, mais que l’on peut au final tout de même indispensables. La volonté de Adrian Molina, scénariste et coréalisateur du film est claire : transmettre l’émotion au spectateur, et il le fait très bien ! Pour le coup, j’ai lâché la petite larme à plusieurs moments du troisième acte du film. Mais si la trame scénaristique peut peiner, l’écriture des dialogues est elle irréprochable, avec une finesse dans les différents thèmes traités. L’ensemble des productions Pixar a toujours eu cette force, mais pas souvent une si belle finesse. On peut d’ailleurs féliciter également l’effort d’adaptation fait en terme de version française, où les expressions espagnoles sont restées intactes ! Par contre, je ne comprend pas le choix d’avoir choisi de remplacer « le jour des morts » par « jour des ancêtres ».

Coco met très bien en avant, par ses personnages, ses dialogues et son univers, les thèmes qu’il traite. Si on retrouve les thèmes habituels du studio tel que le chemin initiatique ou la famille, Coco traite également de la mort, de la transmission inter-générationnelle et de la mémoire collective. C’est avec une finesse à laquelle nous sommes habitué que ces thèmes nous arrivent naturellement durant le film, en deuxième ou troisième couche de lecture. Mais ces thèmes sont je trouve plus visible qu’auparavant, surement par le ton global du film, plus sérieux qu’a l’accoutumée. Ici, l’humour du film est principalement visuel, et des scènes plutôt dures sont mise en avant et sont des scènes marquantes du film.

Parlons d’ailleurs de l’aspect visuel du film. Au fur et à mesure que l’on voit des films d’animations chaque année, on devient assez rapidement exigeant concernant la patte visuelle d’un film. Pour ma part je suis assez bon client, à condition qu’il y ait une cohérence et une vraie proposition. J’ai pu reprocher aux derniers Pixar justement le manque d’audace visuelle, et une recherche à l’ultra-réalisme de façon un peu gratuite. Leur dernière production m’ayant retourné visuellement est d’ailleurs Rebelle, donc il y a déjà 5 ans. Coco m’a quand à lui remis une petite baffe. Sa scène d’introduction utilise par exemple une idée d’animation et d’utilisation d’éléments de décor de façon très originale et bien trouvée. et la cité des morts créé ici est juste un émerveillement à chaque instant. Les couleurs, les décors, les personnages, tout pète et propose un caviar aux rétines. Et je ne parle même pas d’un des plus beaux détails selon moi : l’animation.

On a toujours félicité le studio pour proposer un détail dans les animations réaliste et impressionnant. Coco ne déroge pas à la règle, et propose d’ailleurs des détails qui m’ont particulièrement fait plaisir. Chaque scène où la musique est présente, l’animation est à 100% réaliste et correcte. C’est simple, en tant que guitariste, j’ai été capable de reconnaître chaque accord joué par les musiciens en voyant un plan effectué sur le manche de la guitare. C’est je pense le seul film qui a été aussi loin sur cet aspect, les géniaux Princesse et la Grenouille et Monstre à Paris n’avaient pas été jusque là dans la dans la reconstitution de la musique sur le plan visuel. Dans Coco, vous pouvez apprendre les musiques du film rien qu’en le regardant et en voyant ce qui est joué à la main gauche et droite de la guitare !

La guitare est d’ailleurs un des éléments centraux du film voir un véritable personnage du film. C’est elle qui sert de justification pour une bonne partie des actions de Miguel et, dans une première partie du film, sa raison d’être. On le retrouve dans l’aspect sonore du titre. Le sound design est, comme a son habitude une vraie réussite, mais ce qui nous intéresse d’autant plus est la musique du film. Elle se divise en deux aspects : la première est la musique d’ambiance, une belle partition de Michael Giacchino qui sait se faire peu présente mais toujours utile, pour mettre en avant les différentes tonalités et ambiances des scènes. Mais Coco est un film où il est des chansons ! Il est d’ailleurs le film le plus musical de Pixar, avec une petite dizaine de chansons. Contrairement à un film Disney classique, ces chansons ne racontent pas l’histoire, mais mettent en avant les propos, les sentiments des personnages. Il y a notamment une scène qui pour moi montre toute la beauté de la musique, où Miguel joue par dessus un film de son héros. Les deux guitares se répondent, et la chanson d’Ernesto répond à la volonté de Miguel, sublime.

Je pourrais vous parler du film pendant encore pas mal de temps, mais Coco est LE film d’animation familial en cette fin d’année ! Beau, bien raconté, musical, il représente pour moi un des meilleurs film Pixar depuis pas mal de temps, et un des meilleurs films d’animation de l’année ! Foncez en salle faiblement éclairée voir Coco !

 

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2 commentaires

    • Le film devrait bientôt arriver en DVD/Blu-Ray ! Tu pourras d’ailleurs autant foncer vers la version française comme la version originale (américaine). Je n’ai pas eu l’occasion d’entendre la version espagnole par contre, qui me semble coller parfaitement au film.

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