Critique sur platine : The Evol’ de Shaka Ponk

Aujourd’hui sort le 6e album de Shaka Ponk. Après un duetto d’albums Black puis White Pixel un peu en déça, que vaut ce nouvel album, The Evol’, dont l’EP The Apetizer, petit avant bouche, annonçait du très lourd.

Nous avons toujours eu depuis plusieurs décennies une belle scène rock en France. Shaka Ponk fait parti de cette génération qui a grandit avec un casque dans les oreilles, baladeur cassette dans sa poche, à écouter autant FFF que Nirvana. Lorsque le groupe s’est formé, l’aspect visuel est devenu rapidement important et c’est lors de leur départ à Berlin que les choses se sont accélérées. Après des débuts compliqués, ils ont appris et parfaire leur formule. Le rock nerveux de leur premiers amour, mixé aux avancées visuelles leur permet de revenir en force en France et d’avoir le succès qu’il connaissent.

De mon côté, j’ai toujours pris du plaisir à écouter leur musique. L’album The Geeks and the Jerkin’s Socks reste un album que j’écoute énormément et j’ai déjà eu l’occasion de jouer sur scène des morceau tel que Let’s Bang ou I’m Picky. Je pense que cet album fait parti des rares albums qui possède une aura et faisant que que l’on écoutera encore dans 10 ans. Pour moi c’est leur Tostaky à eux. Après deux albums un peu plus en déça pour ma part, mais des tournées plutôt folles (j’ai eu l’occasion de les voir sur scène à Beauregard en 2014). Parlons désormais du nouvel album du groupe : The Evol’.

The Evol’ est donc le sixième groupe de Shaka Ponk, groupe français mixant rock, hard, electro et pop. Une partie de l’album est extraite du précédent EP du groupe, sorti cet été, portant le doux nom de The ApeTizer. L’EP proposait déjà un très bon avant bouche, avec le très gros riff de Gung Ho ou le très Beatles Misterious Way. Le groupe avait d’ailleurs révélé il y a deux semaine le clip d’une nouvelle chanson, Wrong Side, un clip qui est à la fois fort, et qui marque par une volonté du groupe de proposer quelque chose de beaucoup sombre, mature. Le clip m’a d’ailleurs rappelé une interview que le groupe avait effectué en 2009 au webzine Metal Sickness où avait été notamment abordé le clip de Pussy de Rammstein. Le groupe disait adorer le groupe et le clip, mais ne se voyait pas du tout faire un tel clip. Du coup je trouve ça bien de voir comment un groupe peut du coup évoluer dans son propos et dans ce qu’il propose.

L’album s’ouvre avec le déjà bien connu Gung Ho, titre d’une efficacité sauvage. Pas de doute, nous sommes dans un album de Shaka Ponk. L’album dans son ensemble est un album du groupe, on retrouve leur univers, leurs sonorités, mais il y a quelques chose qui a changé : la maturité des compositions. Annoncé par le groupe, The Evol’ est le premier album du groupe écrit et enregistré sur la durée et en studio. Le groupe avait l’habitude jusqu’à présent de faire une course effrénée entre concerts et sessions d’enregistrements, sans jamais s’arrêter. Pour le coup, un véritable travail de studio a été effectué ici, et les compositions ont un fond, une structure qui change, évolue, davantage qu’auparavant. Cette notion d’évolution est d’ailleurs centrale dans cet album, tant bien sur la forme que dans le fond.

ShakaEvol’

Sur la forme, voit avec des morceaux tel que Faking Love qu’il y a une véritable relecture personnelle du rockabilly, alors qu’un On Fire, nous ramène directement aux Cure avec son clavier et sa guitare empli de chorus. C’est d’ailleurs une des très grande forces de l’album, la capacité du groupe à absorber toute leur différentes influences pour en ressortir quelque chose d’unique. C’est je pense un des avantages d’avoir passé autant de temps en studio, être capable d’inclure dans un morceau non pas l’instant présent, comme ils ont pu déjà le faire par le passé, mais des sonorités enfouies à l’intérieur d’eux-même.

Sur le fond, on le voit dans les paroles, des thèmes fort, comme à l’habitude du groupe, ressortent. L’amour est un thème fort de l’album, non pas autour de chansons dites d’amour, mais en message de propagation. Shaka Ponk le disait d’ailleurs sur sa page Facebook, cet album se veut montrer que l’évolution peut à tout moment passer du côté pacifique à la destruction. C’est à nous d’agir et de faire en sorte que l’évolution se passe pour le mieux, et cela passe notamment par l’acceptation de tous.

Ponk = Punk + Funk

Mais si on aime un groupe tel que Shaka Ponk, c’est également pour ses concerts, dynamique, festifs, fous. Une des questions que l’on est en droit de se poser est alors si ce The Evol’ s’adaptera bien en concert. Si il faudra pour ma part attendre le mois de Mars pour vous donner une réponse, on peut déjà dire que certains titres proposent déjà une efficacité sans faille. The Evol’ est peut être l’album le plus massif. Rarement autant de guitares étaient présentes du côté du groupe, est il est pour le coup très plaisant en 2017 de pouvoir écouter un album aussi rock en France. Wrong Side reste un morceau qui, en plus d’être fort en terme d’écriture, possède des guitares d’une efficacité redoutable comme on les aimes chez le groupe. Mais, plus étonnant, mais tout aussi séduisant, le groupe effectue quelques virages vers un véritable métal. Wataman est un morceau assez fou, avec une guitare et une batterie qu’un groupe de Trash n’aurait pas renié, avant de passer dans un trip Beastie Boys. Et lorsque les guitares ne grognent pas, elles se transforment en véritables cocottes funky à souhait, avec le très Mark Ronson Rusty Fonky, où l’ensemble a été bourré aux stéroïdes.

Mais d’un autre côté, certaines limites se font apparaître Si l’ensemble à pu bénéficier d’une production nécessaire pour la réalisation d’un tel album, certains morceau perdent de leur efficacité. Bunker parait pour le coup assez classique, alors qu’il aurait pu être un grand morceau taillé pour la scène. Share a Line possède de son côté les mêmes problème. Une chose reste sure, Shaka Ponk ne se repose pas sur ses lauriers et risque. Certains risques sont pris, en proposant l’album le plus varié du groupe à ce jour. Pas grand chose ne rassemble Mysterious Way et Slam & Slam’Ed, mais pourtant l’ensemble n’a jamais autant paru si cohérent. Slam & Slam’Ed propose d’ailleurs une rythmique hypnotique, et des sonorités qui, tout comme Fear Ya, nous remonte aux premiers efforts du groupe. La preuve qu’un groupe est encore aujourd’hui capable de proposer ici une véritable Evol’ution de leur musique !


Mes coups de cœur de l’album :

Gung Ho
Faking Love

Wrong Side
Wataman
Slam & Slam’Ed


The Evol’ de Shaka Ponk est un bon album, un album où l’on prend un grand plaisir à l’écouter, à headbanger dans sa chambre. Le groupe à réussi en changeant son fonctionnement de conception a proposer une véritable évolution dans leur musique tout en gardant l’essence même du groupe. Shaka Ponk est très clairement une des très grosses attentes que je vais avoir en ce début d’année en terme de concert, que j’aurais la chance de revoir au mois de mars prochain !

 

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