Critique du Placard : Baby Driver de Edgar Wright

Baby Driver est le cinquième film du réalisateur Edgar Wright, considéré actuellement comme un des meilleurs de sa génération, ayant déjà proposé des films tel que Shaun of the Dead out l’adaptation du comics Scott Pilgrim, qui est un de mes films de chevet depuis sa sortie. 

On retrouve au cast de ce film un véritable mix entre jeunes acteurs et vétérans. Entre le duo Ansel Elgort et Lily James, on retrouve les excellents Kevin Spacey et Jamie Foxx. Le film reserve de ce côté quelques caméo de choix, dont je vous laisserai la surprise de les découvrir.

Baby Driver (ou Baby le chauffeur pour nos confrères du Quebec) est l’histoire de Baby, officiant en tant que chauffeur lors de braquages de banques. Son originalité est qu’il ne peut se passer de la musique, lui permettant de se concentrer, sous peine de souffrir d’acouphènes ce qui est, de l’aveu de votre serviteur, très embêtant au quotidien. Il va par la suite rencontrer une jeune femme du nom de Deborah, pour laquelle il va tenter de changer de vie, pour partir en road trip avec Mademoiselle.

L’histoire peut paraitre simple, comme dans la plupart des films de Edgar Wright (Shaun of the dead était juste l’histoire d’un loser voulant traverser la ville infesté de zombie pour reconquérir son ex-copine), car son intérêt cinématographique est bien entendu dans le mélange des genres, ainsi que les personnages ainsi que leurs actions. Ainsi, la meilleur facon de classer le film serait de dire que c’est une comédie d’action romantique musicale. Il est interressant de voir que dans son déroulé scènes par scène, le film use et s’amuse des différents codes des genres, passant d’une scènes d’action très sérieuse à un renversement de ton digne des frères coen.

Les acteurs sont bon. Le cast est efficace, tout le monde est à sa place. Elgort n’est pas un acteur que je porte dans mon coeur, mais il fait plutôt bien le taf, James est bonne dans son rôle, même si je trouve qu’elle surjoue un petit peu en terme d’expression de visage, mais elle avait déjà ce jeu d’expression dans Downton Abbey en réalité. Spacey et Foxx sont juste monstrueux et volent la vedette sur chaque scène. Les guests sont pour le coup très cool à découvrir et ont des rôles plutôt fun, contribuant à l’aspect comédie du film. Je ne jugerais pas des dialogues, ayant vu le film uniquement en français, mais le doublage m’a semblé de qualité. Il faudra que je voie le film en anglais pour juger également de l’adaptation qui a été faite.

Un des gros points forts du cinéma de Edgar Wright est sa mise en scène ainsi que son montage. On peut dire que c’est encore le cas avec Baby Driver. Que ce soit la séquence d’ouverture, qui met une baffe a tout les films d’actions depuis plusieurs années, au génerique tourné en plan séquence, Wright se fait plaisir et cela transparait à l’écran à chaque scène, et ce plaisir est sans cesse renouvelé pendant les deux heures de film. Le montage quand à lui est une véritable claque comme on ne le voit que chez lui. Le monteur Paul Machliss, habitué de travailler avec Edgar Wright depuis la série Spaced fait un boulot de folie, respectant tout les gimmicks de Wright mais en se renouvelant dans ses transitions, dans ses scènes d’actions.

Si l’on parle d’ailleurs du rythme du film, on peut voir que le film possède entre ses scènes d’actions une partie plus calme, où Baby se retrouve de plus en plus serré comme un étau entre deux situations. Wright prend alors le temps a ce moment de poser le rythme, et de travailler sur des constructions de mise en scène adéquate avec le moment. On pourra par exemple citer une séquence vraiment réussie où deux styles de réalisations sont présent : une partie romantique où la caméra bouge avec de jolis mouvement, nous emportant dans une sorte de danse ; et la froideur et l’aspect direct dès l’apparition d’un personnage, venant briser cette scène amoureuse. Toute la force du cinéma est là, dans la virtuosité de jouer constamment avec les rapports, les tons, et Edgar Wright le fait à merveille ici.

L’esthétique du film est également assez importante, et donne aussi ce cachet si rare aujourd’hui. Là où la mode est à la reprise de l’esthétique et de l’ambiance rétro, Edgar Wright situe véritablement son film dans notre modernité. Et c’est dans cette modernité que des touches de différentes époques s’qjuotent et se mèlent. Du classique dinner américain, aux vinyles où l’on va retrouver cette même musique dans un iPod. C’est comme cela que un film réussi le coté rétro et nostalgique, en l’inscrivant dans notre modernité.

Mais tout ces aspects ne serait rien sans un point fondamental de ce film, sa musique.

Je ne vais pas entrer dans les détails, car vous aurez prochainement un Cinema x musique qui y sera consacré, mais la musique dans le film rythme le moindre mouvement de camèra, le moindre cut de montage, le moindre geste d’un personnage, le moindre bruitage , tout est fait en rythme avec la musique. Cette volonté, on la retrouve dans la première page de son script :

babydriver-scriptpage

De plus, un véritable soin est porté quand au sound design du film. Pensé véritablement comme si vous, spectateur, êtes Baby. Chaque sonorités est vécue de son point de vue, ce qui je trouve est une idée géniale, innovante et efficace. au final, il y a peu de musique composées pour le film, mais le choix des musiques est judicieux et créé une véritable atmosphère, une ambiance très actuelle tout en restant aussi très rétro, mélangeant ainsi Queen avec de la soul de Stax, le tout avec du Run the Jewels ou du Jon Spencer.

Baby Driver est une grande réussite, montrant un Edgar Wright véritablement au sommet créatif de son cinéma, capable de créer une oeuvre accessible au grand public tout en étant vraiment cinématographique, avec une vraie virtuosité. voilà un film qui reçoit notre label « Approuvé par Danger Zone ! »

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