Cinéma cross Musique #1 : Almost famous de Cameron Crowe

Alors Cameron Crowe, c’est un gars pas super connu. Pourtant il a eu une vie de foufou. Journaleux à 15 piges pour un petit magazine, le Rolling Stone Magazine, il a suivi des groupes inconnus comme Led Zeppelin en tournée. On imagine bien le petit audiophile de 15 ans puceau qui se retrouve entouré de groupie aux coté d’un John Bonham en train d’enfiler une bonne bouteille de Whisky et d’un Jimmy Page en train de faire un cunni de l’autre coté.

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Petite anecdote : ce sont les vinyle d’enfance de Cameron Crowe !

Le mec, pas fou, a du prendre son pied sévère. Mais du coup j’ai pas compris pourquoi il est devenu scénariste et réalisateur, il aurait pu continuer à faire ce qu’il voulait, il avait la belle vie, les filles faciles, et en plus il entendait de la bonne musique. Quoiqu’il en soit, le gars se retrouve donc a scénariser deux films dans les années 80 : Attention Délires! (qui est resté dans l’oubli) et Ça chauffe au lycée Ridgemont (qui lui par contre est un immanquable du genre High school Movies).

Passé cette expérience de l’écriture, le bougre décide de passer à la réalisation et pond en 1989 Say Anything… (vous connaissez au moins l’image du type avec sa radio qui essaie de pécho la fille). Si le film commence à accuser un peu son âge, il reste un beau témoin de son époque, avec une bande son qui envoie le pâté. Après le sympathique Singles (une histoire d’amour dans le Seattle grunge du début des 90’s) et Jerry Maguire (qui est autant aimé que détesté), Cameron Crowe s’attaque au projet de sa vie : Almost Famous.

« Je voulais trouver un moyen de raconter une histoire sur des gens que je n’oublierai jamais, parler des sentiments que j’ai éprouvés en rencontrant les groupes, en réalisant les interviews, en assistant aux concerts… Je ne voulais pas écrire une de ces histoires autobiographiques qui glorifient leur auteur parce que je n’ai jamais été au centre de ce qui s’est passé. J’étais un observateur, exactement comme William Miller. » Cameron Crowe
Voilà ses potes d'ado, y a pire comme on pourrait dire.
Voilà le genre de potes qu’avait adolescent Cameron Crowe.
L’idée de Almost Famous a débuté après le tournage de Jerry Maguire. Cameron est appelé pour écrire dans les colonnes d’un magazine à propos du concert qui a changé sa vie. Parmi tout les concerts qu’il a vu, il a décidé d’écrire sur le concert D’Elvis Presley qu’il a vu avec sa mère. L’article dériva assez rapidement sur sa relation avec sa mère, qui n’aimait pas la musique rock. Au final, on l’avait engagé pour faire 750 mots, il en fit 4 000. L’article n’a jamais été publié. A la place, il a servit de base pour l’écriture du script de Almost Famous.
Après 2-3 ans d’écriture, le script est fini et définitif. En plus de s’être donc inspiré de sa relation avec sa mère, Cameron Crowe a également tourné son récit autour de ses années d’adolescent journaliste. Si à l’origine le film ne devait pas avoir de titre (ou plus précisément le titre « Untitled« , en référence à Led Zep et son 4e album), les studios ont pas super apprécié. Après avoir trouvé son casting, le plus gros était à venir : s’occuper de la musique. En effet, Crowe voulait avec le groupe fictif Stillwater créer l’entité la plus rock’n’roll mais également sincère traduisant avec perfection cette époque. Il a donc appelé une de ses connaissance, le « petit » guitariste Peter Frampton pour composer les chansons, avec l’aide de la femme de celui-ci, la non moins connue Nancy Wilson, chanteuse du groupe Heart. Au final, que ce soit entre les compositions et les utilisations de chansons de l’époque (Almost Famous étant un des rares films ayant eu l’autorisation d’utiliser des chansons de Led Zep), le budget consacré à la musique fut de 3,5 Millions de $, contre les 1,5 habituel dans les autres productions.
Il est important et cool de spécifier que si les compositions ont bien entendu été au préalable enregistrées, tout les acteurs de la clique Stillwater (qui est un vrai groupe de musique, mais ils ont eu les droits d’utiliser le nom) jouaient vraiment avant et pendant le tournage. Si le tournage en lui même à pris seulement 92 jours, les gars se retrouvaient pour répéter ensemble 4h pendant 5 soirs la semaine le tout sur une période de 6 semaines.
Après avoir bouclé le tournage et le montage effectué et les premières diffusions test effectuées, Crowe se retrouve contraint par les producteurs de retourner en salle de montage, afin de couper pas moins de 30 minutes de films. C’est sous cette forme que le film sortira alors en septembre 2000 aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs lors de ces diffusions test que Led Zeppelin, après avoir visionné le film, donne l’autorisation d’utilisation des différentes chansons du groupe que vous retrouverez dans le film. Lors de sa sortie, le film récolta un véritable succès dans la presse, mais n’arrivera pas, malgré ses récompenses, à rentabiliser les 60 millions de dollars au box office mondial.
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 Avant de développer tout l’attrait et l’intrusion de la musique dans ce film, je vais vous dire une chose : regardez Almost Famous ! Tout simplement car c’est un grand film, doté d’un scénario béton, d’un rythme imparable, et qui ne peut laisser indifférent toute personne aimant un minimum la musique.
Parlons maintenant de l’aspect important de l’article : Comment le film arrive à utiliser la musique dans son propos et dans sa réussite ?
Tout d’abord, il faut dire que Almost Famous est donc un film musical. C’est un genre où la musique est alors au centre de l’histoire, le rythme du film et sa mise en scène se concentrent dans une bonne partie par la captation de scène dites musicale. Dans le cas du film dont on parle ici, ces scènes musicales sont clairement des scènes de concert, où l’on voit Stillwater effectuer un ou plusieurs morceaux.
Première chose étonnante : là où d’autre films (dont nous parlerons certainement ici) vont souvent effectuer un montage assez rapide, avec des cuts fréquents où l’on montre les différents musiciens, le film prend une réalisation assez opposée, et prend en réalité le point de vue du héros. Si nous n’avons pas de caméra subjective, c’est bien le regard de William Miller que l’on suit, c’est pour cela que l’on a par exemple des plans plutôt d’ensemble du groupe, qui partent très souvent d’une extrême de la scène, où se trouve justement notre petit reporter. On peut tout de même noter une réalisation assez proche des concerts filmé de l’époque, mais on notera que chaque morceau aura sa petite spécificité de réalisation, notamment sur le morceau Love Comes and Goes où toute l’introduction est filmée avec un très beau plan séquence.
 Toute la mise en scène du film est alors vraiment exécutée dans un but précis : mettre en scène la musique. Que ce soit les scènes de concerts, ou des scènes  narrative utilisant des musiques, toute la mise en scène permet cette mise en valeur. On peut par exemple parler de la scène culte du bus où les personnages se mettent à chanter Tiny Dancer de Elton John. Il est intéressante de voir d’ailleurs l’utilisation de la chanson dans le double espace diégétique et extradiégétique du film.
On parle de son diégétique lorsque le son ou la musique est dans le film, que les personnages l’entendent. On parle donc par opposition d’extradiégétique quand cette musique est alors seulement entendu par le spectateur. Dans le cas de cette scène précise, il est intéressant de voir que si la musique est entendue par les personnages, elle est d’avantage mise en avant dans le film en terme de mixage, afin de briser cette frontière. Alors que sur d’autre scène du film, lorsque une chanson est diégétique et que les personnages parlent, elle est beaucoup plus en retrait, comme pour la scène dans les coulisses du concert de Black Sabbath où l’on peut entendre en fond une chanson du groupe.
Un détail amusant est que Cameron Crowe à véritablement brisé ces règles lors d’une scène bonus incluse dans les éditions DVD et Blu-ray. Dans cette scène, William Miller essaie de convaincre sa mère de le laisser partir en tournée avec le groupe, et pour cela il décide de lui faire écouter une musique, pour la convaincre que le rock est aussi affaire de poésie. Pour cela, il passe donc le cultissime Stairway to Heaven de Led Zeppelin. Vu que la scène à été coupée du montage, l’extrait demande alors directement au spectateur d’allumer sa platine vinyle et de mettre soi-même le morceau.
On pourrait analyser et décrire chaque scène du film tant chaque seconde du film transpire l’amour de Cameron Crowe pour la musique. Mais on ne va pas s’étendre d’avantage sur cette chronique qui s’avère être déjà bien trop longue. Regardez donc Almost Famous, qui est sans aucun doute un immanquable dans ce genre qu’est le film musical, et ceci simplement car :
Almost famous est la démonstration de l’utilisation de la musique comme thème de film servant une mise en scène qui met en avant la musique et proposer une expérience unique.
On se retrouve le mois prochain !
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