Live-Report : La Face Cachée de la Lune de Thierry Balasse et la compagnie Inouïe

J’ai enfin pu assister à une représentation de la Face Cachée De La Lune : une expérience sonore sans précédent où on se retrouve téléporté au Studio Abbey Road en 1972 lors de l’enregistrement de l’album Darkside on The Moon du groupe Mythique Pink Floyd. Thierry Balasse, musicien autodidacte, nous propose un concert où Pink Floyd et la musique concrète se mêlent pour ne former qu’une entité en elle même.

Dire que j’étais impatient de découvrir ce spectacle est un euphémisme, j’attends d’assister a une représentation depuis les premiers concerts parisiens, datant alors d’il y a maintenant 3 ans.
Après toute cette attente, qu’en est-il alors ?

crédit photo @Baladessonores

Pour commencer, parlons un peu de façon barbare et d’une langue étrangère pour les non-musiciens, parlons matériel. Thierry Balasse et la compagnie Inouïe, dans un soucis de retranscrire au mieux les émotions et sentiments recherchés, étant au centre donc du concept de base de ce spectacle : jouer avec le son. Pour cela, il faut remonter dans les années 70 pour voir ce qu’il y avait a l’époque. L’ordinateur comme on le connaît n’existe pas, les synthétiseurs sont tout juste inventés, et le son électrique est crée et transmis de façon analogique, contrairement à maintenant où le son est numérique. La différence au oreilles du grand public est nulle, mais pour toute personne s’intéressant un minimum à la musique et au son se rend compte de la différence.
Le premier défi a relever pour ce concert est donc de retranscrire un son venant du passé. Pour cela, il suffit tout simplement de récupérer du matériel d’époque. Ainsi, sur la scène, nous retrouvons des orgues électriques (le fameux Hammond), synthétiseurs (le minimoog pour ne citer que ), des chambre d’écho à bande, réverbération à ressort (le rêve de tout guitariste actuel d’avoir une réverbération à ressort juste pour avoir une excuse de taper sur son ampli), et pour que tout ces sons ne soient déformés, ils sont retransmis donc par des enceintes elles aussi analogiques.
Mais si à l’époque de Pink Floyd, reproduire l’album Darkside on The Moon en concert était impossible. Avant tout car ils n’étaient que 4 sur scène, la technologie ne permettait pas de recréer tout les sons en direct, le groupe utilisait donc des pistes play-back. C’est avec la technologie numérique que la compagnie Inouïe à pu retranscrire des sons en direct cette fois-ci. Les sonorités qui nous auront tous marqués dans l’album mythique des Floyd comme le battement de cœur ou la machine à sous sont donc recrées en direct, devant nos yeux et nos oreilles.

C’est l’un des éléments les plus intéressant du concert, car plus qu’un simple représentation, c’est également la prestation scénique nous étant proposée comme démonstration de session de studio, chaque morceau est interprété et réinterprété, avec notamment de longues improvisations faisant la par belle aux musiciens tous excellents, ainsi d’un beau terrain d’expérimentations, tel que faisait le groupe lors de l’enregistrement et des concerts. Visuellement, pour des besoins de compréhension de tout ce qui est réalisé devant nous, 2 écrans sont utilisé pour montrer a l’aide de caméras placés devant les-dits instruments, nous permettant de voir les gestes des musiciens.
Ils se permettent néanmoins de faire des virages vers d’autres morceaux issu du répertoire du groupe, avec notamment des passages de l’album Meddle (1971), parfaitement en accord avec le concert car ils proposent une réécriture comme si Pink Floyd avait enregistré ces morceaux là en même temps que Darkside on the Moon.

Un des passages qui m’ait particulièrement marqué, et montrant l’aspect session de studio du concert : lors de l’interprétation de Echoes (un de mes morceaux préférés de Pink Floyd), l’ingénieur son va lui même, en plein milieu du morceau, changer de place un micro, dans le but de retranscrire le son de goutte d’eau de l’album, qui est en fait une note de piano reprise dans un micro relié à la cabine Leslie, une cabine permettant un son entre la réverbération et le chorus léger, et donnant ce son particulier.

Lorsque le concert touche à sa fin, on prend une bonne minute à réaliser que l’on est en fait dans une salle de concert. Tout simplement car plus que nous présenter une version personnelle de l’album, Thierry Balasse et la compagnie inouïe ont réussi )à recréer quelque chose que je n’avais jusqu’à présent jamais ressenti en concert : je suis littéralement retourné à mon premier souvenir d’enfance où j’ai entendu pour la première fois de ma vie Pink Floyd, haut de mes 10 ans, où mes parents ont mis dans la voiture Darkside on The Moon à fond.

Vous l’avez sûrement compris, j’ai eu un gros gros coup de cœur pour la Face Cachée de la Lune, c’est tout simplement un des meilleurs concerts dont j’ai assisté de ma vie et une expérience vraiment unique dans une époque où toute la musique est cantonnée aux même codes. Le concert m’a permis aussi une porte d’entrée vers la musique concrète, musique dont je me suis trop peu intéressé jusqu’à présent alors qu’elle est très intéressante dans sa recherche de sonorités, étant au centre de mes préoccupation actuelle de musicien.

Je vous conseille vraiment d’assister à une représentation de Thierry Balasse et de sa compagnie Inouïe, que j’espère revoir dans un de ses autres projet.

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